10 : Edito : Avant la catastrophe : une campagne électorale inquiétante pour les régionales.

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Curieuse campagne électorale.

Une droite qui met à mort le droit social et du reste le droit tout court en satisfaisant tous les désirs du Medef et en se livrant à une destruction méthodique et progressive des libertés (lois Sarkozy et Perben) sans susciter de réactions significatives. Un programme qui vise à contenter la partie la plus bourgeoise et la plus à droite de son électorat de crainte qu’elle ne se lasse et se tourne vers le Front national. Une gauche institutionnelle qui crie sans cesse au loup mais qui ne parvient dans aucun domaine à faire entendre une voix alternative à la droite quand elle ne lui sert pas tout bonnement de courte échelle (projet de loi sur les insignes religieux ostensibles).

Une extrême gauche qui se laisse griser par des sondages trompeurs qui lui font miroiter des promesses de soirées électorales dans la cour des grands en lieu et place du « grand soir ». Une extrême gauche à l’image de la LCR qui s’accroche aux lunes d’un grand parti, comme s’il était possible de refonder un combat politique sur une accumulation de défaites politiques majeures.

Des mouvements sociaux qui ont toutes les peines du monde à voir le bout du tunnel de l’offensive capitaliste actuelle.

À voir ce tableau affligeant et inquiétant, on se demande si le fruit n’est pas bientôt mûr pour le Front national qui n’a pas même besoin de faire campagne pour engranger les peurs, les frustrations et un ressentiment qu’il compte transformer en autant de voix. Des voix qu’il espère suffisamment nombreuses pour rafler quelques conseils régionaux. Ce qui constituerait une vraie catastrophe.

On ne perd que les combats qu’on ne mène pas.

Le combat contre le FN ne peut se limiter à des manifestations biodégradables d’une durée de 8 à 15 jours à chaque échéance électorale. Il ne peut s’affranchir d’un débat sur le choix de société et laisser ainsi la voie ouverte aux seules solutions libérales et autoritaires.

Autrement dit quelle que soit l’issue de ces élections régionales, c’est bien un antifascisme résolument anticapitaliste qu’il s’agit de faire progresser face à la politique de démolition sociale du Medef et du gouvernement et face au FN.

Enrayer la montée du FN, passe donc par une remobilisation sociale déterminée. Une contre-offensive de masse contre son programme et sa présence dans les institutions et dans les quartiers, mais aussi contre la politique de contre-réformes libérales qui appauvrit et opprime violemment les travailleur(se)s et les chômeur(se)s. Elle passe par la construction de luttes et de contre-pouvoirs mais aussi par l’appropriation des richesses et des services publics pillés quotidiennement par le capital.

Elle est également conditionnée par un combat sans faille contre l’obscurantisme religieux, le patriarcat et l’ordre moral.

Alternative libertaire , le 19 janvier 2003

 
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