Communiqué international

250 millions de grévistes en Inde : pas de paysan.nes, pas de nourriture !

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Depuis bientôt un mois la capitale indienne New Delhi est devenue l’épicentre de manifestations immenses qui risquent de toucher le pays entier dans les jours à venir.

Depuis le mois de septembre, des centaines de milliers de paysan.nes manifestent contre une série de lois qui cherche a libéraliser le marché agricole. Jusque-là les paysan.nes bénéficiaient de prix fixes sur leur produits, garantissant un revenu stable. Ces nouvelles lois cependant veulent éliminer le rôle régulateur de l’Etat, et ouvrir la voie aux négociations directes entre producteurs et acteurs du secteur privé tels que les grandes surfaces. Contrairement à ce que Modi veut faire croire, il ne « libère » pas les paysan.nes de la « tyrannie » des intermédiaires, ces lois sont la première étape vers une libéralisation progressive du secteur agricole qui n’a pour seule finalité que de livrer le secteur entier aux mains des grands groupes agro-alimentaires et de la concurrence internationale, comme ce qui est déjà vécu par le monde agricole en France.

Face à la surdité du gouvernement de Modi, les paysan.nes qui bloquent actuellement les routes principales de New Delhi, ont entamé une grève de la faim depuis le 14 Décembre 2020. Les actions courageuses de ces paysan.nes incitent des parties diverses de la population indienne à manifester également. Que ce soit des étudiant.es, des ouvrier.ères de l’industrie, des cheminot.es, ou des employé.es de banques, tou.tes ont compris que, « No farmers means no food »* et répondent en masse à l’appel à la grève générale. Le 26 novembre dernier il y avait déjà 250 millions de grévistes dans les rues, faisant de ce mouvement le plus grand mouvement simultané de grévistes de l’histoire humaine. Et pourtant, la presse le couvre à peine.

Partout dans le monde, que ce soit en Asie, en Afrique, en Amérique latine, ou en Europe, les paysan.nes sont les victimes d’un système économique qui prêche l’exploitation et l’oppression comme une vertue "libératrice" et "enrichissante"... Pas pour tout le monde.

Ce mouvement en Inde démontre encore une fois que c’est nous, paysan.nes, cheminot.es, infirmier.ères, enseignant.es, chômeurs.euses, etc, c’est-à-dire le peuple, qui avons le vrai pouvoir. Les gouvernements et les capitalistes ont peut-être les armes, l’argent et le pouvoir, mais nous avons les champs et les tracteurs, les graines et les chevaux, et sans ça, les élites s’effondrent.

Nous, simples partisan.es de la libération humaine dans toutes les régions du monde, déclarons donc notre solidarité complète avec les camarades indien.nes dans les rues de Delhi, d’Andhra Pradesh, de Chennai, du Punjab, et dans le monde entier.

Union Communiste Libertaire

 
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