Antipatriarcat

8 Mars à Marseille : Nous sommes fortes, fières et antifascistes




Si les 8 Mars sont ancrés comme des dates de mobilisations féministes massives, nos mouvements font face de manière croissante aux tentatives d’intrusion de groupuscules fascistes. Tenir nos lignes antifascistes constitue désormais un enjeu majeur de nos luttes, et une nécessité pour faire perdurer leur unité.

L’actualité politique de ces dernières semaines a indéniablement secoué l’image médiatique de Némésis. Si nous les avons peu vues dans la rue ce 8 mars, nous sommes familières de leurs discours racistes assimilant immigration et violences sexistes et sexuelles, ainsi que de leurs stratégies multiples pour s’autoproclamer représentantes du féminisme.

Nous vivrons, collectif constitué après le 7 octobre 2023 défendant ­l’État d’Israël, la colonisation et le génocide en Palestine au nom de violences subies par des femmes juives, a appelé ce 8 mars à se retrouver en marge du rassemblement intersyndical prévu à Marseille. Le groupe adopte désormais une stratégie similaire à Némésis, tentant d’infiltrer le milieu féministe pour y porter son projet sioniste.

Les féministes se sont mobilisées à Marseille pour réaffirmer un féminisme antiraciste et anti-impérialiste... Malgré l’interdiction par la préfecture. Ensemble et en non-mixité, les services d’ordre de la manifestation féministe radicale et une partie de l’intersyndicale ont tenu la ligne contre le collectif d’extrême droite.

Nous vivrons a été rejoint cette année par la tête de liste LR aux municipales, mais aussi dans plusieurs villes par des militantes iraniennes glorifiant l’armée états-unienne pour son intervention militaire. Si nous ne minimisons pas l’ampleur des violences patriarcales ayant cours en Iran, nous condamnons la politique impérialiste états-unienne, qui aboutit invariablement à la mort de civiles au Moyen-Orient et n’est guidée que par des intérêts capitalistes et colonialistes. Même s’il n’a pas pu défiler, force est de constater que le rassemblement de Nous vivrons est parvenu à se tenir dans nos rues sous la protection des CRS et de la BAC qui ont employé matraques et gaz afin de préserver le rassemblement fasciste.

Cortège UCL de la manifestation du 8 mars 2026 à Lyon.
UCL Lyon

Définissons les choses clairement : il n’y a pas, et il n’y aura pas d’union féministe avec les fascistes et leurs alliés. Le sionisme est un projet nationaliste, colonial et génocidaire. Nous ne sommes pas dupes, et nous ne marchons pas avec les défenseuses d’un projet fasciste, que ce soit celui porté par Nous vivrons ou celui porté par Némésis.

L’extrême droite usurpe le féminisme pour affirmer « défendre les femmes face aux hommes immigrés » et propager encore et toujours un amalgame entre violence et immigration. Ses groupuscules cherchent à être intégrés dans nos manifestations afin d’employer par la suite un « nous » commun pour faire nombre derrière leurs idées, ancrer le fascisme dans l’opinion publique et détruire nos contre-pouvoirs.

Si nos mouvements féministes savent depuis de nombreuses années déjà que faire face aux groupuscules d’extrême droite dans la rue et dans nos manifestations revient désormais à faire face à une police armée qui les défend, nos lignes tiendront tant qu’il le faudra pour résister à l’implantation du fascisme. Plus que jamais, nous affirmons que nos luttes contre les violences sexistes et sexuelles sont également des luttes contre l’impérialisme et contre le racisme. Parce que nos lutes féministes n’ont de sens qu’antifascistes, parce que nos corps n’appartiendront jamais aux réactionnaires.

Ness (UCL Marseille)

 
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