Ecologie

Biodiversité : plus de terres à Gonesse, moins de Grand Paris Express

Version imprimable de cet article Version imprimable


Après l’abandon en 2019 du projet Europacity face à la mobilisation pour les terres agricoles du Triangle de Gonesse, la bataille n’est pas encore gagnée. Dimanche 17 janvier un rassemblement avait lieu contre la garde du Grand Paris Express et le projet de ZAC en cours.

Ce dimanche 17 janvier, nous étions près de 500 personnes réunies sur le Triangle de Gonesse dans le Val-d’Oise (95), pour défendre ces terres agricoles fertiles contre les travaux de la gare du Grand Paris Express. Malgré les chutes de neige la veille, la mobilisation a été un succès. Il faut dire que l’urgence est là, la Société du Grand Paris ayant annoncé la reprise des travaux pour mi-février 2021.

Convoitées, ces terres ont d’abord été menacées par le méga-projet Europacity, un énorme centre commercial et de loisirs abandonné en 2019 par Macron. Elles sont maintenant en danger face à l’urbanisation d’une ZAC de 110 hectares et à la création de la gare de la ligne 17. Oubliés les discours du gouvernement annonçant la lutte pour la biodiversité et contre l’artificialisation des sols  ! Balayés les appels des scientifiques et ceux de la Convention citoyenne sur le climat à empêcher toutes nouvelles atteintes aux terres agricoles  ! Et ce avec le soutien du gouvernement mais aussi d’élu·es locaux.

Pancarte pour la défense des terres de Gonesse. Manifestation contre Europacity. Paris, 5 octobre 2019.
cc Martin Noda/ Hans Lucas/ Photothèque rouge

Une assemblée des luttes a ouvert la journée du 17, réunissant différents groupes tels que Non au T4 (Lutte contre l’extension de l’aéroport de Roissy), Vigilance JO 2024, Sauvons l’aire des vents (voir article page 15).

Temps fort de la journée  : Le Serment du Triangle  [1] a été lu par un Gonessien – Julien Vermignon –, un maraicher – Alain Crochot, de Cergy – et une autrice – Marie Desplechin – puis signé par l’ensemble des personnes présentes (pour le signer).

Ce serment est un titre de copropriété engageant son ou sa propriétaire à défendre ces terres et le vivant qui les habite. De nombreux élu·es et militant·es ont également prêté serment  : des député·es, des élu·es municipaux, des représentant·es de syndicats et partis. Cette journée s’est terminée par une déambulation vers l’ancienne base du chantier, bloquée en 2019 par le Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).

Le projet CARMA en alternative

Le gouvernement aurait aujourd’hui la possibilité de choisir un réel projet d’avenir pour le Triangle et ses habitant·es : le projet CARMA. Ce dernier propose la création d’une ceinture alimentaire nord-francilienne, afin de relocaliser la production agricole. À l’inverse des projets hors sols qui ne proposent que de transférer des emplois en tension d’une ZAC vers une autre, ce projet mise sur une diversification des métiers proposés, en adéquation avec les qualifications et les attentes des habitants (hôtellerie et restauration y compris scolaire, logistique, conduite de véhicules etc.). Au mois de décembre la commune de Montreuil s’est engagée dans cette démarche en choisissant de le subventionner.

Nous fêtons bientôt les dix ans de notre collectif et nous ne nous lâcherons rien !

Siamak Shoara et Mélanie Antin, membres du Collectif pour le Triangle de Gonesse

 
☰ Accès rapide
Retour en haut