A contre courant : Encore un effort, monsieur le Président

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


Monsieur le Président, à l’occasion de la fête du 1er mai, au nom de tous les travailleurs de ce pays, et à quelques jours du 40e anniversaire de mai-juin 1968 que vous affectionnez tant, nous tenons à vous adresser nos plus sincères félicitations pour l’œuvre que vous avez accomplie dans le cours de la première année de votre séjour élyséen. Et nous tenons par-dessus tout à vous encourager à poursuivre dans la voie dans laquelle vous vous êtes engagé. Car, de cette manière, vous nous apportez une aide précieuse, bien qu’à votre insu sans doute.

Par votre irréalisme tout d’abord, votre refus obstiné à considérer la réalité de la situation de notre pays et plus encore de notre planète. Ainsi maintenez-vous, comme tous vos collègues du G8 au demeurant, le cap d’une politique néolibérale qui, à coup d’austérité salariale sans cesse accrue, ne peut que renforcer la spirale déflationniste dans laquelle les économies dominantes sont engagées et dont l’actuelle crise financière et bancaire n’est que le dernier symptôme en date. De même négligez-vous l’ampleur et la durée de la reprise de l’inflation qui s’attaque au pouvoir d’achat, déjà réduit par vos soins, des plus démunis - ce qui est en passe de faire de vous le Président de la baisse du pouvoir d’achat !

Par votre autisme ensuite, votre refus farouche d’entendre la sourde plainte et la grogne de plus en plus résolue qui montent du pays, et qui ont valu à bon nombre de vos partisans leur récente déculottée électorale. Encore n’est-ce rien en comparaison de ce qui se prépare : à coup sûr, une révolte de grande ampleur, peut-être même une révolution !

Par votre cynisme enfin ! Le cynisme avec lequel votre Premier ministre déclare que l’État est en faillite, alors que c’est vous-mêmes et votre prédécesseur (dont vous avez été vous-même ministre) qui en ont vidé les caisses à coup de réductions fiscales au profit de vos copains et coquins de nantis ! Le cynisme avec lequel vous reniez vos engagements antérieurs, par exemple en matière d’écologie, au point d’en indigner votre propre ministre en charge du dossier ! Le cynisme enfin avec lequel vous mentez en présentant toutes les mesures antisociales comme des progrès sociaux : les salariés du commerce vont ainsi avoir « la liberté » de travailler le dimanche et les chômeurs de plus de 57 ans et demi celle de continuer à chercher un emploi ! Le cynisme enfin avec lequel vous vous emparez de n’importe quelle cause dite humanitaire pour en faire autant d’arguments de propagande gouvernementale.

« Les nations pourrissent comme les poissons, par la tête » aurait dit un jour Mao Tsé Tong, lequel parlait en connaissance de cause. À ce compte, cela ne devrait pas tarder à sentir mauvais en France.

A Contre-courant, édito de mai 2008

 
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