A la mémoire de Mohammed Harbi

L’Union communiste libertaire a appris la mort de Mohammed Harbi, décédé le jeudi 1er janvier 2026 à 92 ans.
Mohammed Harbi était un ancien militant du FLN durant la guerre d’Algérie. Il est né le 16 juin 1933 à El Harrouch près de Skikda en Algérie, où il commence son engagement militant en devenant responsable de la section lycéenne du MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques). Proche des idées marxistes, il rejoint la section de France du FLN peu après son arrivée en métropole en 1952. Il devient ambassadeur du FLN en Guinée, secrétaire général du ministère des affaires étrangères et collaborateur du vice-président du GPRA Krim Belkacem. Il participe aux premières négociations des Accords d’Evian. Conseiller de Ahmed Ben Bella après l’indépendance jusqu’au coup d’État de Houari Boumédiène en 1965, cela lui vaut plusieurs années de prison et de résidence surveillée, dont il s’évade pour la France en 1973.
Il était proche du militant communiste libertaire et anticolonialiste Daniel Guérin. Ce dernier, parti en Algérie après l’indépendance en tant que pied-rouge (un mouvement rassemblant des militants et militantes révolutionnaires venues de France pour aider à la construction du socialisme), a publié un rapport sur l’autogestion algérienne réalisé grâce à sa collaboration étroite avec Mohammed Harbi. Ils sont restés proche jusqu’à sa mort en 1988.
En France, Mohammed Harbi a été professeur d’histoire à l’université Paris-VIII Descartes et Diderot, et a réalisé un important travail d’historien sur la révolution algérienne qui reste une référence à l’heure des retours en grâce des nostalgiques de la colonisation.
Les camarades d’Alternative Libertaire (l’une des organisations mères de l’UCL) ont pu le rencontrer une dernière fois en 2018 à l’occasion d’un évènement auquel il avait été invité à intervenir pour les 30 ans de la mort de Guérin à Paris.
Loin d’avoir lâché le combat anticolonialiste, Mohammed Harbi a été membre du Tribunal Russell pour la Palestine il y a une quinzaine d’années au côté de Stéphane Hessel. Ce tribunal avait établi un rapport démontrant qu’Israël était coupable de crimes d’apartheid.
Nous saluons la mémoire et le travail réalisé par celui qui fut un compagnon de route de nombreux et nombreuses camarades de notre courant politique. Nous adressons à sa famille et ses proches toutes nos condoléances.
Son combat doit continuer de nous inspirer dans nos luttes contre le colonialisme et l’oppression !
Union communiste libertaire, le 06 janvier 2026.





