ACC : Dits et non dits d’une campagne

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduite l’édito de la revue alsacienne A Contre courant-> http://www.acontrecourant.org/, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex

Clemenceau aurait dit un jour : « On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. » Il aurait pu ajouter que, à chaque fois, la forme suprême du mensonge est bien celle par omission.

La présente campagne présidentielle suit la règle. Que le président sortant, candidat éhonté à sa propre succession, cherche à masquer son bilan, on le comprend. Celui-ci est tellement calamiteux qu’il serait bien en peine de le défendre. Les seuls objectifs qu’il ait atteint (par exemple, alléger l’imposition fiscale des entreprises, des hauts revenus et des gros patrimoines) sont évidemment tout sauf populaires ; tandis que les objectifs propres à satisfaire le populo ont tous été ratés : lui qui s’est voulu « le président du pouvoir d’achat » laisse un pouvoir d’achat en berne, plombé par un chômage en hausse et une austérité budgétaire rendue nécessaire par une gestion désastreuse des finances publiques… du fait notamment des cadeaux fiscaux aux plus riches. Dans ces conditions, il ne peut qu’essayer de donner le change en détournant l’attention vers des sujets aussi graves que l’abattage rituel des animaux destiné à produire de la viande halal !

Mais ses concurrents et adversaires ne font pas ou guère mieux. À commencer par le principal d’entre eux et très probable successeur. Lui aussi ment par omission en se gardant bien de dire que, pour l’essentiel, il suivra la même politique économique, sans remettre en cause ni l’abandon de la réduction du temps de travail ni l’austérité salariale, ni le remboursement de la dette, ni les stupides critères de gestion des finances publiques imposés par les traités européens, qui enfoncent l’Europe entière dans la récession et sans doute, demain, la dépression. Ce qui vaudra bien des désillusions à ses électeurs une fois qu’il lui faudra, à lui aussi, leur expliquer que se serrer encore un peu plus la ceinture serait la seule façon de sortir de la crise.

Certes il se trouve bien un Mélenchon, un Poutou ou une Arthaud pour faire ou tenter de faire entendre de pareils propos dans la cacophonie médiatique ambiante. Mais on ne les entend guère, par contre, sur d’autres thèmes, pourtant cruciaux. Quid de la dénonciation de cette folie qu’est la poursuite du nucléaire, grosse de la réédition de catastrophes à la Tchernobyl et à la Fukushima ? Quid du rappel insistant de l’urgence (le mot est faible tant il est sans doute déjà trop tard) de reconvertir tout notre appareil de production et d’adopter d’autres modes de consommation individuels et collectifs pour tenter de freiner et de limiter un réchauffement climatique qui menace tout simplement la survie de l’humanité à terme rapproché (à l’échelle historique) ? Quid enfin, tout simplement, de l’appel à ce que les hommes et femmes se mêlent directement, par eux-mêmes, de leurs affaires en s’organisant à cette fin sur leurs lieux de travail et d’existence afin de se libérer une bonne fois de la dictature du capital ?

 
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