International

Action syndicale : Empêcher STMicroelectronics d’armer Israël




Le 10 avril, la CGT et Urgence Palestine organisaient un rassemblement devant l’entreprise STMicroelectronics à Crolles, en Isère, dans le cadre de la campagne « Stop Arming Israel ». Le syndicat CGT de l’entreprise a appelé les salariées à débrayer pour rejoindre le rassemblement.

STMicroelectronics est une entreprise franco-italienne qui exporte des puces pouvant avoir un usage militaire. La CGT et Urgence Palestine dénoncent la vente de ces puces à des entreprises israéliennes qui les utilisent pour produire des drones ou des capteurs dédiés à l’armement.

La CGT a alors établi des revendications et les a diffusées aux salariées : suspendre toute collaboration avec des entreprises de la défense israélienne, rendre public tout partenariat avec une entreprise israélienne, et enfin, s’engager à ne plus travailler avec des intermédiaires qui permettent à des États criminels de se procurer des composants. Comme pour toute mobilisation, la CGT a cherché à construire le rapport de force par un débrayage et un rassemblement devant l’usine, le 10 avril, action qui a fait écho jusque dans la presse. Un appel a alors été lancé pour généraliser ces initiatives et s’opposer au génocide en cours à Gaza.

Nous observons plusieurs obstacles qui doivent être dépassés lors de ces mobilisations  : à STMicroelectronics, la CGT a dû soigner sa communication et sourcer toutes les informations avancées à leur collègues afin d’éviter de se voir accusée de saboter l’entreprise. Ce travail complexe d’enquête rend nécessaire les partenariats entre les syndicats et les collectifs spécialistes de l’industrie de l’armement. Par ailleurs s’opposer à la politique ­d’Israël expose les syndicalistes à des instrumentalisations et accusations d’antisémitisme par leurs patrons, des associations sionistes ou l’État. Par exemple, le secrétaire général de l’Union départementale CGT du Nord a été condamné en avril dernier  [1].

La prise de position de la CGT de « STMicro » contre la présence de puces issues de leur entreprise dans des drones russes, ainsi que les actions historiques de la CGT contre les guerres coloniales ou récemment contre la guerre au Yémen, permettent de rappeler les valeurs syndicales internationalistes et de placer l’action dans un engagement plus large et cohérent, ne laissant pas de place à ces accusations. Cependant, nous pouvons regretter le fait que le jour venu, la grève n’ait été suivie que par les CGTistes ainsi que quelques salariées non-syndiquées. Le rapport de force dans l’entreprise n’est donc pas au niveau de l’horreur en cours à Gaza, et ce, malgré la bonne volonté des syndicalistes.

Cela ne constitue pourtant en rien un échec. Au contraire, si les salariées n’ont pas semblé décidées à se mobiliser massivement, le syndicat a reçu de nombreux retours enthousiastes au sein de l’entreprise. Pour rendre la mobilisation envisageable à l’avenir, il faut multiplier ces actions conjointes entre collectifs pro-palestiniens et syndicats des secteurs concernés via la campagne « Stop Arming Israel » afin de relancer dans notre classe un internationalisme concret.

Alors syndicalistes, militantes et militants des droits palestiniens, travaillons ensemble et reprenons le pouvoir sur ce que nous produisons contre la militarisation de notre monde.

Emile (UCL Grenoble)

[1En avril 2024, Jean-Paul Delescaut a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lille pour apologie du terrorisme à cause d’un communiqué publié le 10 octobre 2023. L’Union départementale CGT du Nord et Jean-Paul Delescaut ont fait appel de cette décision.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut