Antifascisme

Angers : la peste brune tente d’occuper le terrain

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Loin de l’image d’Épinal d’une ville où il fait bon vivre, la ville d’Angers voit se développer, depuis plusieurs années, un groupe d’extrême droite radical particulièrement actif et dangereux  : l’Alvarium. Petit éclairage sur ses activités, ses réseaux et ses modes d’action.

En septembre dernier, nous apprenions par la presse que les membres du groupuscule nationaliste identitaire angevin l’Alvarium avaient ouvert un «  squat  » destiné à loger des «  Français de souche  ». Dans leur mythomanie habituelle, les fascistes revendiquaient son ouverture depuis deux ans déjà. Après l’ouverture de leur local dans l’hypercentre, ils n’ont désormais plus peur de monter un squat à visage découvert. La décision de justice du 28 septembre qui a ordonné leur expulsion ne saurait masquer le fait qu’à Angers les fachos sont devenus un danger permanent.

Se développant depuis un peu plus de deux ans sur la ville, l’Alvarium tente de regrouper tout ce que l’extrême droite compte de plus radical  : catholiques intégristes, identitaires, déçus du RN, néonazis adeptes des théories racialistes, etc. Loin d’être isolés, ils tissent des liens un peu partout  : à Tours (Des tours et des Lys), au Mans (Action française), en Bretagne (le site Breizh-info), et avec différents groupes issus de la dissolution du Bastion social. L’Alvarium servant de point de rendez-vous pour les militants fascistes du Grand-Ouest et au-delà.

Comme d’autres groupes d’extrême droite radicale, l’Alvarium prétend s’orienter vers le «  social  »  : comprendre venir en aide aux «  vrais français plus blancs que blancs  ». En deux ans d’existence, la seule activité qu’ils ont réussi, tant bien que mal, à faire durer est celle de «  maraudes  » consistant à distribuer quelques denrées alimentaires à des personnes en grande précarité, de prendre une jolie photo pour les réseaux sociaux, et de rentrer bien au chaud dans leur cocon bourgeois.

Une tartuferie sur le dos des plus précaires

Les membres de l’Alvarium sont dans leur grande majorité des enfants de la bourgeoisie locale, bref des «  antisystèmes  » qui en sont issus… Mais derrière ce vernis social, ils n’ont pas oublié les bonnes vieilles pratiques de leur courant politique en faisant régulièrement le coup de poing contre celles et ceux qui s’opposent à eux.

Face à l’implantation croissante des fachos sur notre ville, force est de constater que la mobilisation peine à s’élargir. Malgré tout, les mobilisations antifascistes rassemblent plusieurs centaines de personnes à Angers, alors même que la présence policière disproportionnée pourrait en dissuader plus d’un·e. Aux militantes et militants antifascistes de faire entendre leur voix, de tout faire pour que les mobilisations contre l’Alvarium soient les plus unitaires possible et de rappeler à celles et ceux qui perdent un peu trop vite le sens de la réalité que l’extrême droite n’est pas un courant politique comme les autres, que si l’on ne s’occupe pas de lui, c’est lui qui s’occupera de nous.

Jon et B. Pontel (UCL Angers)

Plus d’infos sur le blog du Réseau angevin antifasciste  : Raaf.noblogs.org

 
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