Antipatriarcat

Bretagne : Pride war ar maez, Pride à la campagne




Le samedi 25 avril s’est tenue la première marche des fiertés de Rostrenen, commune centre-bretonne de 3000 habitants et habitantes éloignées de tout grand centre urbain. 

Alors que le grand cortège coloré, les chars et les tracteurs traversaient le bourg de Rostrenen, une question revenait : comment les organisatrices et organisateurs ont-iels réussi à rassembler 800 personnes au milieu d’un des territoires les plus ruraux de Bretagne

Ce succès a pour artisan principal Antidotes, association « d’éducation populaire éco-féministe ». Concrètement elle s’occupe de diverses activités féministes, mais aussi LGBTI dans le pays de Rostrenen. Des militants et militantes y organisent des discussions queer mensuelles pour échanger, boire un thé, construire un fanzine, etc. 

Ces discussions ont attiré un public varié dépassant largement les cadres interpersonnels : des personnes LGBTI vivant en milieu rural d’âges et de parcours divers. La pride s’inscrit donc dans la continuité de ce travail politique de construction de réseaux de solidarité, mais aussi de celle d’une situation de plus en plus anxiogène en France comme à l’international. La montée du fascisme rend urgente la nécessité de se réunir et de s’organiser, et depuis plusieurs années, Antidotes et les organisations syndicales organisent des manifestations locales antifascistes et féministes. Ainsi la pride n’est pas une finalité, il y a un travail politique qui la précède et qui lui succède. 

Pride de Rostrenen. Traduction de la pancarte : « Toute la fierté ne se trouve pas à Paris ».
UCL finistère

C’est ce travail politique qui a servi pour élaborer les revendications de la marche. Un constat revient en particulier : nos droits peuvent exister sur le papier, mais sans les moyens adéquats, ils ne parviennent pas jusqu’à nous. Comment penser un accès au soin sur le territoire pour les personnes LGBTI alors que seule la lutte des habitants et habitantes contraint l’Agence régionale de santé à maintenir l’hôpital de Carhaix ? La précarité est d’autant plus forte que nous dépendons de nos voitures pour nos déplacements. Et si on doit se rendre dans les grandes villes pour nos démarches et soins, les programmes anti-discrimination de l’État et leurs budgets laminés n’arrivent jamais jusqu’à nous. 

Rostrenen n’est pas isolée. Dans d’autres campagnes s’organisent des marches des fiertés avec une même ambition de parler de nos vécus et de montrer une ruralité ouverte et solidaire, avec parfois une politisation plus aboutie que certaines prides urbaines de Bretagne. C’est le résultat d’un travail politique de fond dans lequel s’inscrit avec fierté l’UCL. 

A-enep ar gasoni hag ar faskourien, Unaniezh, Ober, Emveriañ : Face à la haine et aux fascistes : Union, Action, Autogestion !

Corentin (UCL Finistère) et Lou (UCL Rennes)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut