Campagne : Femmes et précarité

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Premières victimes de la précarité en France, les femmes sont le plus souvent en temps partiel contraint, cumulent plusieurs petits boulots et ont des écarts de salaires importants avec les hommes. Une réalité du monde du travail qui n’est pas encore prise en compte par le mouvement syndical, mais qui est le fer de lance d’une campagne du Collectif national droits des femmes depuis le 8 mars, en réclamant entre autres, le droit à un CDI à temps plein pour toutes et tous, le SMIC à 1 500 euros et le rattrapage immédiat des salaires des femmes.

En ce qui concerne les salaires, l’écart moyen atteint 40%, jusqu’à 45% chez les ouvriers. L’explication vient en partie du fait que 900 000 femmes travaillent à temps partiel contraint (80% des 4 millions de salarié(e)s à temps partiel). L’écart de salaire à durée de travail équivalente étant tout de même de 20%, et ce malgré des dispositions légales qui interdisent les discriminations (l’article L140-2 du Code du travail prévoit que « tout employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ») l’entreprise pouvant être punie d’une amende de 1500 euros au plus.

Manque de moyens

Encore faut-il que les agent(e)s de contrôle de l’inspection du travail puissent faire le constat de cette discrimination, c’est-à-dire, avoir les moyens humains pour effectuer des contrôles réguliers et systématiques. À cet égard, la loi sur l’égalité salariale adoptée définitivement par l’Assemblée nationale le 23 février dernier n’apporte bien entendu aucune contrainte supplémentaire pour les employeurs. Le toilettage des articles du Code n’ayant aucune valeur contraignante puisqu’on renvoie à la négociation pour espérer réduire les écarts de salaires.

Les femmes connaissent par ailleurs un taux de chômage de 10,6% contre 8,8% pour les hommes. Elles sont plus de 50% parmi les bénéficiaires du RMI, de l’ASS ou de l’AAH (allocation pour adultes handicapés), et 61% pour l’allocation supplémentaire vieillesse. Si le CPE n’est pas retiré, il y a fort à parier que les jeunes femmes en seront les premières « bénéficiaires ». Il faut s’efforcer de développer les luttes dans l’unité contre cette précarisation croissante. Dans les syndicats, le mouvement des chômeurs, les organisations politiques, et le mouvement des femmes bien sûr, il faut se mobiliser à la hauteur de l’enjeu et ne pas se contenter d’en parler à l’occasion du 8 mars.

Véronique

 
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