Centre de rétention administrative : contre ces prisons qui ne disent pas leur nom

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Afin de lutter contre l’augmentation des centres de rétention administrative (CRA) d’ici à 2023, le collectif Colère dans le Loiret lutte contre la construction, en France, de nouveaux lieux de rétention, véritable prisons qui n’en portent pas le nom. Contre l’acharnement de l’État, ni à Orléans, ni ailleurs, plus aucun CRA.

Le 27 mars dernier, à Orléans, se tenait la première marche de protestation contre la construction d’un centre de rétention administrative (CRA) prévue en 2023. À l’appel du collectif contre les expulsions et la rétention, Colère, 300 personnes se sont mobilisées  : nous ne voulons pas de CRA, ni enfermement, ni expulsions. Ni à Orléans, ni ailleurs. Quelques jours plus tôt, une conférence de presse s’est tenue au Théâtre occupé d’Orléans, pour rappeler cette réalité  : dans les CRA, on enferme plus et plus longtemps avec une durée d’enfermement légale doublée de 45 à 90 jours en 2019. Les conditions de détention restent indignes provoquant des automutilations, des suicides et tentatives de suicide.

Le collectif Colère constitué fin 2019 regroupe des organisations syndicales, associatives et politiques du Loiret  [1] dans une volonté d’empêcher la construction de nouveaux CRA en France. Ce sont des prisons qui ne disent pas leur nom et nous voulons leur abolition. Une première tribune émanant du monde militant, académique et culturel avait été publiée sur Médiapart en novembre 2019. Une marche, à portée régionale, était prévue le 4 avril 2020 afin de lancer une mobilisation appelée à s’inscrire dans la durée, jusqu’à l’annulation du projet. Mais la lutte ne se limite pas à cela  : d’autres CRA sont en construction à Lyon, à Bordeaux, au Mesnil-Amelot… Ils s’ajouteraient aux 24 CRA existants, doublant le nombre de places entre 2017 et 2025. Témoignage alarmant du durcissement de la politique anti-immigré·es du gouvernement, la Cimade dénonce depuis de nombreuses années des atteintes aux droits humains dans les CRA.

Enfermé·es, quoi qu’il en coûte

Le confinement de 2020 a été le comble de l’absurdité criminelle dans les CRA : les enfermé·es étaient soumis·à l’épidémie alors même qu’ils et elles n’étaient pas expulsables. Les grèves de la faim, les révoltes ont jalonné la période, et continuent d’éclater. Preuve de plus de l’acharnement de l’État sur les corps et les vies de personnes qui habitent, qui travaillent, qui étudient ici. Et qui doivent pouvoir vivre ici. Si l’épidémie et la crise sanitaire nous ont obligé à reporter d’un an la manifestation du 4 avril, le collectif Colère a organisé et relayé localement les actes de la Marche des solidarités, le 30 mai, le 20 juin, le 17 octobre, le 18 décembre… Ce qui a permis de continuer d’alerter sur la réalité des CRA, et de faire tenir le collectif dans la durée.

Enfin l’émergence de la lutte contre les CRA à Orléans s’est appuyée sur un travail d’organisation important fourni par le Collectif de soutien aux jeunes étranger·es isolé·es du Loiret (Cojie). Leur mobilisation exemplaire s’est construite à l’été 2019 à Orléans autour de l’action et des revendications des jeunes étrangères et étrangers isolé·es dont 150 étaient menacé·es d’expulsion de leurs hébergements. De rassemblements en manifestations, la détermination des jeunes et de leurs soutiens, est restée intacte tout l’été 2019  : un toît, une école, des papiers.

UCL Orléans

[1Abraysie ouverte, Asti, Attac, BDS, Cercle de silence, CGT, Cimade, COJIE, FI, FSU, LDH, MAN, NPA, Offensive féministe, PCF, RESF, Solidaires, SUD éducation, UCL, UJFP, Unef.

 
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