Mars 2008

Casse de l’Éducation nationale : ça va péter !

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Face à une école au rabais qui précarise les jeunes sur tous les plans (culturel, intellectuel, professionnel…), il faut affirmer le choix d’une école qui apporte à tous et à toutes une culture et une formation riches, qui leur donne les moyens de lutter et de s’émanciper.

Le service public d’éducation fait l’objet d’un plan de démantèlement délibéré : suppressions massives de postes (en 4 ans 70.000 sont supprimés dans les lycées technologiques et généraux, 10.000 dans les lycées pro), d’heures (notamment d’heures dédoublées et d’options), suppression du BEP et Bac pro en 3 ans, casse du statut des personnels, rapport Pochard qui prévoit une « autonomie » des lycées calquée sur celle qui vient d’être mise en place dans les facs (renforcement des pouvoirs des chefs d’établissement et financement des lycées par des fonds privés)…

Face à cette offensive la riposte s’organise. C’est par un mouvement de grève et de blocage des lycées dans la durée que nous ferons reculer le gouvernement.

Pour le patronat et le gouvernement, tout se tient

Les mesures du gouvernement poursuivent plusieurs objectifs, dans le cadre d’un même projet :

  1. « Economiser » sur le dos de la population, des lycéens, des profs et personnels l’argent qu’ils préfèrent réserver à la police, à l’armée ou donner directement aux riches et aux patrons.
  2. Réduire radicalement en quantité et en qualité l’enseignement dispensé à tous, permettant ainsi le formatage au moindre coût d’une main d’œuvre docile, et dévaloriser les diplômes et les formations pour précariser les jeunes sur le marché du travail.
  3. Et enfin, livrer l’immense marché potentiel que représente l’éducation aux intérêts privés, en assurant du même coup au patronat un contrôle direct sur la formation de ses futurs salariés.

Tout le monde est concerné par ces attaques : à travers les lycéens et futurs travailleurs que l’on précarise et dont on veut diminuer les capacités de révolte, leurs parents qui voient leur avenir bradé et qui devront assumer le coût d’une éducation en voie de privatisation, et les personnels dont on casse le statut et dont on aggrave les conditions de travail, c’est l’immense majorité de la population qui a tout à perdre dans la mise en place de cette politique.

Se donner les moyens de lutter et de gagner

Seul un mouvement massif, durable et impliquant tout le monde, l’organisation généralisée de la grève dans les lycées peut faire reculer un gouvernement on ne peut plus déterminé. Pour les lycéens, le blocage est un moyen légitime d’action si la grève des enseignants et personnels est insuffisante pour empêcher le fonctionnement des lycées, et donne à tous les moyens de participer au mouvement.

Pour gagner, il faut s’organiser à la base en appelant à des assemblées générales dans chaque lycée, en mettant en place des comités d’action, et en se coordonnant le plus possible localement et nationalement, au niveau lycéen comme avec les autres acteurs de la lutte. Des grèves d’une journée ne suffiront pas, il faut prendre appui sur les dates ponctuelles (notamment l’appel à la grève pour le 27 mars par les lycées en lutte d’Ile de France) pour installer le mouvement dans la durée.

Pour un service public de l’éducation accessible à toutes et tous

Face à une école au rabais qui précarise les jeunes sur tous les plans (culturel, intellectuel, professionnel…), il faut affirmer le choix d’une école qui apporte à tous et à toutes une culture et une formation riches, qui leur donne les moyens de lutter et de s’émanciper.

Alternative Libertaire revendique la mise à disposition immédiate de fonds supplémentaires pour le service public de l’éducation et des créations massives de postes, notamment dans les quartiers populaires.

Clash n°26 (mars 2008)
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