Colombie : Stop au massacre des communautés indigènes en résistance

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Le 29 octobre dernier, en plein cœur des montagnes du département du Cauca, au sud-ouest de la Colombie, cinq gardes et autorités indigènes nasa ont été massacrés par des milices armées, alors qu’ils et elles exerçaient le « contrôle territorial » propre à l’autonomie de leurs territoires. Cette même semaine, 16 personnes au total ont été assassinées dans le Nord du Cauca.

Dans cette zone peuplée majoritairement par le peuple nasa, les communautés ont réussi, à force de luttes depuis l’époque de la colonisation, à faire reconnaître leur autonomie et à créer leurs propres gouvernements locaux. Aux côtés d’autres peuples et mouvements sociaux, elles ont mené depuis les années 1970 de nombreuses luttes pour la récupération des terres volées par les propriétaires terriens issus de la colonisation. Un grand mouvement de « Libération de la Terre Mère » a notamment été lancé depuis 2014 par les communautés nasa afin d’occuper les monocultures de canne à sucre installées dans la plaine du Cauca et de les arracher des mains des entreprises spoliatrices et pollueuses.

La répression n’a cependant jamais cessé de s’abattre sur les communautés indigènes, paysannes ou afro-descendantes et le mouvement social dans son ensemble.L’État par son armée et les groupes paramilitaires ou guerillas avec qui il est en lien, perpétue menaces, massacres et assassinats ciblés pour exercer la terreur et permettre l’exploitation capitaliste des territoires fuis par les milliers de déplacé-es (extraction minière, narcotrafic, grands projets…).

Le massacre du 29 octobre à Tacueyo et les assassinats qui ont suivi sont le symbole d’une stratégie, d’extermination des peuples en résistance pour le contrôle et l’exploitation des territoires qui n’a que trop duré. Les accords de paix entre le gouvernement et les Farc n’ont en rien résolu le problème et ont même permis une recrudescence de la présence de groupes dissidents et de paramilitaires, créés et entraînés pour massacrer les militant-es politiques et sociaux. Depuis la signature de ces accords en 2016, 88 militant-es indigènes ont été assassiné-es dans le Cauca.

Nous dénonçons ces assassinats ciblés qui touchent tous les secteurs sociaux colombiens.

Nous exprimons notre douleur et notre rage devant l’impunité qui frappent ces crimes et manifestons notre solidarité envers les communautés indigènes du Nord du Cauca.

Cristina Bautista, Asdruval Cayapu, Eliodoro Finscue, José Gerardo Soto, James Wilfredo Soto et tou-te-s les autres, on ne vous oublie pas !

No estan soles !

La lucha sigue !

Commission des Relations Internationale de l’UCL

 
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