Antifascisme

Comité du 9-Mai : Pas de nazis dans Paris !




Comme chaque année depuis 1995 à Paris, des néofascistes tentent de commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant de l’Œuvre française, décédé à la suite d’une poursuite par la police en mai 1994. Cette histoire n’est qu’un prétexte à une marche fasciste décomplexée : croix celtiques, tambours des jeunesses hitlériennes, agressions de personnes qui s’approchent de leur cortège, le tout encadré par les forces de l’ordre.

Le Comité du 9 Mai (C9M), s’est imposé comme une parade annuelle parisienne de l’extrême droite la plus radicale. Par conséquent, il est un devoir pour notre camp social de ne pas les laisser agir.

Depuis maintenant trois ans, l’UCL est partie prenante d’un cadre antifasciste parisien ayant pour but d’empêcher la manifestation. L’unité de ce combat rassemble beaucoup plus large que les organisations spécifiques : organisations politiques, partis, syndicats, et collectifs antifascistes locaux arrivent à échanger autour d’une stratégie commune, à savoir empêcher le C9M par une action de masse. En 2024 et en 2025, nous avons opté, au lieu d’une manifestation, pour la tenue d’un village antifasciste rassemblant des stands des organisations de notre camp. Le tout au pied du Panthéon dans un 5e arrondissement en manque cruel de luttes. Si les deux premières éditions ont attiré plus de monde que le défilé des fachos, elles n’ont toutefois pas permis son annulation.

Ceci a conduit à une légère remise en question de la stratégie unitaire. Cette année, l’enjeu était d’autant plus grand de ne pas laisser défiler des néo-nazis galvanisés par la mort de Quentin Deranque et prévoyant de venir de toute l’Europe.

En plus du village antifasciste, il était prévu une manifestation passant par le point de départ du C9M, afin de symboliquement reprendre la rue. Le but recherché était de contraindre la préfecture à interdire le défilé néofasciste. Cette stratégie s’est avérée payante puisque les deux manifestations ont été annulées.

Ainsi, seul le village antifasciste s’est tenu sur le week-end, attirant environ 3 000 personnes avec des tables rondes sur la lutte contre la militarisation, le soutien aux luttes antifascistes face à la répression, et l’anticolonialisme. La journée s’est terminée dans une très bonne ambiance avec le concert de la rappeuse locale 2L et un DJ set. La tenue de notre point presse a été l’occasion de diffuser notre matériel politique et de discuter plus largement d’antifascisme.

Les néofascistes n’ont donc pour la première fois pas pu défiler publiquement et ont été contraints d’organiser leur grotesque spectacle dans un champ à l’extérieur de Paris.

Bien que notre objectif ait été rempli, nous ne nous faisons pas d’illusion. Ce n’est pas l’État qui nous protégera du fascisme. Les interpellations en masse des antifascistes ayant quand même tenté de manifester le 9 mai ainsi que la récente dissolution de la Jeune Garde ne nous le rappellent que trop bien. Si la préfecture a plié cette année, c’est bien par le rapport de force collectif qu’a imposé le cadre unitaire parisien.

L’enjeu désormais est de transformer cette victoire en exemple. Ne laissons pas le fascisme pavaner, ni à Paris ni ailleurs.

Groupe de travail Antifascisme de l’UCL Paris Nord Est

 
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