Antipatriarcat

Coordination féministe : 25 janvier, face au fascisme, contre-attaque féministe




Regroupement national d’associations luttant pour les droits des femmes et des minorités de genre, la Coordination féministe a tenu à faire de la lutte contre l’extrême droite le mot d’ordre de ses actions pour 2025. Cet article revient sur les rassemblements qui ont eu lieu à son appel le 25 janvier dernier, tout en appelant à continuer la mobilisation le 8 mars qui vient.

Le samedi 25 janvier, dans plus d’une quinzaine de villes de France hexagonale, et jusqu’à La Réunion, les féministes ont dit ensemble haut et fort non à l’extrême droite. Faisant suite à l’appel lancé par la Coordination féministe, des groupes membres, mais aussi d’autres qui les ont rejoints en considérant l’urgence de la situation, se sont mobilisés pour organiser des actions autour de la thématique des luttes féministes dans un contexte de montée de l’extrême droite.

Les idées d’extrême droite se dédiabolisent de manière inquiétante et diffuse, dans le paysage politique français comme à l’international, propagées par de grands médias contrôlés par des milliardaires aux idées nauséabondes. La Coordination féministe a décidé, lors de ses Rencontres d’été, de lutter contre l’extrême droite en lançant une campagne commune appelée « Féministes contre l’extrême droite ».

Une coordination à l’échelle nationale

Le dernier week-end de janvier a commencé par une nuit de collages simultanés le vendredi 24. Une dizaine de villes a affiché des slogans, comme « Attaque fasciste, riposte féministe », « RN ennemi des féministes », « Police fasciste, médias complices », « L’homonationalisme tue », ou encore « Némésis hors de nos rues ». L’objectif de cette initiative est clair : rappeler que le féminisme est intrinsèquement antifasciste et que l’extrême droite propose un projet de société incompatible avec l’émancipation des opprimées.

Quelle que soit l’ampleur de chaque action menée, l’intérêt de créer cette occasion, en cette journée internationale contre le sexisme, a d’abord été de rassembler les féministes et leurs alliées contre le fascisme, aussi bien dans des métropoles comme Paris ou Bordeaux, que dans des petites villes comme Montceau-les-Mines ou Sisteron. Nous sommes toutes et tous concernées !

Des actions menées dans plusieurs villes

Voici quelques exemples d’actions qui se sont déroulées le 25 janvier en France.

L’inter-orga féministe de Brest composée de Brest La Trans, Les Détraqueers, Les Pétrolettes Finistère [1], NousToutes Brest, Le Planning familial de Brest, L’Union Pirate UBO, Les Sorcieres Solidaires, la Fede B, a répondu à l’appel de la Coordination féministe, en organisant une « mobilisation pour battre l’extrême droite ». Au programme : rassemblement avec la lecture du texte d’appel. En voici un extrait : « Quand le RN a été porté aux portes du pouvoir par dix millions d’électeurices, quand plusieurs grands médias sont aux mains de milliardaires conservateurs, quand des collectifs d’extrême droite se revendiquent féministes et infiltrent nos manifs pour répandre leur propagande raciste : nous avons le devoir de construire une riposte féministe et antifasciste ! ».

S’en est suivie une cantine végétarienne et des concerts : « C’était pour nous l’occasion de se rassembler autour de mêmes valeurs et de discuter lors d’un moment convivial. Une cantine a eu lieu, où les militantes ont apporté des snacks en plus de la cantine brestoise CRABE ! De plus, plusieurs artistes ont profité du micro ouvert pour s’exprimer à travers l’art sur le sujet (poésie, chant, rap...). Tout cela au milieu de la ville et d’une place qui se nomme “Liberté” ».

En Bretagne toujours, NousToutes35 Rennes et le Groupe féministe de Fougères ont organisé un après-midi de discussions. Le Planning familial 35, les Impudentes (association d’éducation populaire féministe de lutte contre les VSS en milieu festif), les Soulèvements de la Terre Rennes, les Pétrolettes Rennes et le NPA étaient sur place à tenir des stands militants, avec de la documentation féministe, antiraciste et antifasciste. L’après-midi a commencé avec l’arpentage et des débats autour du livre Résister de la journaliste Salomé Saqué. Une discussion publique a ensuite eu lieu sur la manière de converger pour lutter contre l’extrême droite. Les sujets du handicap, de la place des milliardaires vis-à-vis de l’extrême droite ont été abordés. Un goûter végan a été offert par Food not bombs. En fin de journée, un départ collectif vers un rassemblement appelé par des collectifs de personnes exilées et leurs soutiens s’est effectué.

Prise de parole lors de la manifestation féministe contre l’extrême droite à Paris le 26 janvier 2025.
Martin Noda/Hans Lucas

Les Féministes révolutionnaires Paris ont organisé l’événement « Retour de flamme : résistance féministe face à l’extrême droite ». « L’événement a été un réel succès », relatent les organisatrices : « plus d’un millier de personnes sont venues sur la journée ! Autour d’un café ou d’un vin chaud, les militantes féministes, antiracistes, écologistes, anticapitalistes, antifascistes se sont retrouvées pour discuter et s’organiser dans la lutte. La journée s’est terminée sur un meeting, où les camarades d’Urgence Palestine, des Soulèvements de la Terre, la Jeune garde et les Féministes révolutionnaires ont tenu des discours forts, emplis d’espoir et de détermination. Le succès de cette journée rappelle que c’est dans la solidarité que nous gagnerons ! ».

Le 8 mars, la mobilisation continue

Le 25 janvier 2025, la Coordination féministe a appelé à se mobiliser contre l’extrême droite. Elle lance aujourd’hui un appel à une « grève féministe pour battre l’extrême droite » le 8 mars 2025, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre. Elle réaffirme dans son appel que l’extrême droite est « la pire ennemie des femmes et des minorités de genre », car elle défend les systèmes patriarcal, capitaliste et raciste, tout en projetant de supprimer nos droits les plus fondamentaux. Une occasion de rappeler que tant sur la scène internationale qu’en France, les droits des femmes et des minorités de genre, sont gravement attaqués, impactant directement leurs vies : « Face au projet ultralibéral de l’extrême droite et du macronisme grève générale féministe ! Des vies dignes pour toustes ! »

Anne (UCL Fougères)

[1Association de santé communautaire «  par et pour les travailleuses et travailleurs du sexe  ».

 
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