Courrier d’une lectrice : Il faut sanctionner les socialistes qui licencient

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Les professeurs des conservatoires de musique et de danse de la Seine-Saint-Denis s’inquiètent.

Voilà que le conseil général, dorénavant socialiste, revoit toute sa politique culturelle ! Dès la rentrée 2010, il coupe les subventions à une association, l’Union des conservatoires de musique, de danse et d’art dramatique de la Seine-Saint-Denis, créée il y a quarante ans par le Conseil général, alors piloté par le PCF.

Or cette association, dont la mission première est la coordination pédagogique des professeurs des conservatoires, organise des événements artistiques pour 12 000 jeunes élèves amateurs : rencontres de danse, de théâtre, de création musicale, des concerts jeunes talents. L’agrément Jeunesse et Sports lui permet même de monter des projets européens : à l’heure actuelle, des projets sont en cours de finition avec la France, la Russie, l’Ukraine, l’Estonie et la Slovaquie. Elle missionne également un intervenant pour la maison d’arrêt de Villepinte, afin de dispenser des cours de guitare dans le quartier des mineurs.

Mais voilà, une telle activité n’est possible que parce qu’il y a trois permanents à temps plein pour la gestion quotidienne. Sans la modique subvention annuelle de 123 000 euros, l’association ne peut plus payer ses permanents qui sont licenciés pour motif économique ! Deux d’entre eux ont été licenciés dès février, un autre le sera en septembre 2009. Claude Bartolone, le président du conseil général, ne reclasse pas les salarié-e-s, il n’a d’ailleurs pas l’air d’être « concerné » par ce problème. Bartolone a pondu une petite phrase contre Nicolas Sarkozy : « Il est passé à coté de la France ». Mais le dignitaire socialiste, lui-même, ne passerait-il pas « à côté » de la Seine-Saint-Denis ? Quel sera l’avenir des conservatoires ? Chaque établissement va retrouver son train-train quotidien, il fera bon apprendre la musique chacun dans sa ville sans surtout se soucier de ce qui se passe dans la ville d’à côté ! Quel chargé de mission pourra travailler sur le terrain et remplacer l’association ? Aucun, mais comme l’indique Emmanuel Constant, le vice-président chargé de la culture, le conseil général pourra faire des « actions visibles », pourra communiquer à coup de beaux projets pleins de strass et de paillettes ! Apparemment, communiquer sur de la pédagogie en direction des musiciens amateurs de toutes catégories socioprofessionnelles, ce n’est pas très porteur pour un parti qui s’intitule « socialiste »… Ce même parti qui dit qu’il faut « sanctionner » les entreprises qui licencient, quel exemple donne-t-il ? C’est une triste fin, la vie continue au conseil général de Seine-Saint-Denis et trois nouvelles personnes iront bientôt pointer aux Assedic, trois de plus...

Carole (Seine-Saint-Denis)

 
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