Crise économique : Le réseau communiste libertaire international s’exprime

Version imprimable de cet article Version imprimable


Depuis quelques années, le réseau communiste libertaire mondial s’organise autour d’un portail Internet coopératif, Anarkismo.net. Pour notre courant, qui ne dispose pas encore d’une véritable internationale, il s’agit de l’expérience la plus avancée en termes d’échange, de débat, aujourd’hui d’expression commune et, peut-être demain, de campagnes communes. Le texte suivant est disponible sur www.anarkismo.net en anglais, espagnol, italien, grec, polonais, néerlandais, allemand, chinois, arabe et français.

1. La crise actuelle est typique de celles qui apparaissent régulièrement dans l’économie capitaliste. La « surproduction », la spéculation et les krachs qui s’ensuivent sont inhérents au système. (Comme Alexander Berkman et d’autres l’ont fait remarquer, ce que les économistes capitalistes appellent surproduction est en fait de la sous-consommation : le capitalisme empêche un grand nombre de personnes de subvenir à leurs besoins, minant ainsi ses propres marchés.)

2. La solution à la crise proposée par les capitalistes et les gouvernements demeurera une solution capitaliste. Ce ne sera pas une solution pour la classe populaire. En effet, comme dans toutes les crises, les travailleurs, les travailleuses et les pauvres payent – tandis que le capital financier est renfloué avec des sommes énormes. Il est probable que cela continue. Aucun changement au sein du capitalisme ne peut résoudre les problèmes des classes populaires ; il est plus improbable encore qu’une telle solution vienne de politiciens comme Barack Obama. Tout ce que ces politiciens peuvent faire est de contribuer à offrir une échappatoire aux capitalistes, en laissant peut être quelques miettes à la classe populaire au passage.

3. Le renflouement des banques ne montre pas seulement les intérêts que l’Etat sert, mais aussi l’hypocrisie de l’attachement des capitalistes au libre marché. À travers l’histoire, les capitalistes se sont accommodés du marché quand il leurs convenait, et de la régulation étatique et des subventions quand ils en avaient besoin.

4. Aux États-Unis, au Royaume-Uni et ailleurs, les plans de sauvetage ont pris la forme de nationalisations des institutions financières en détresse – avec le soutien total du capital. Cela montre que les capitalistes n’ont aucun problème fondamental avec la propriété d’État, et que les nationalisations n’ont rien à voir avec le socialisme. Cela peut être aussi une méthode pour semer le trouble au sein de la classe populaire. C’est nous, et non l’État, qui devons prendre le contrôle de l’économie.

5. Étant donnée la mondialisation du capital dans l’ère néolibérale, la classe dirigeante reconnaît que la solution doit être globale. Le G20 s’est réuni le 15 novembre pour discuter de la crise. Cela est significatif. Les dirigeants des États-Unis, de l’Europe et du Japon en viennent à réaliser qu’ils ne peuvent faire face à la crise tout seuls, qu’ils ont besoin, non seulement l’un de l’autre, mais aussi d’autres puissances, notamment la Chine (qui émerge en ce moment comme un des principaux producteurs industriel mondial, et est en passe de devenir la troisième économie mondiale). L’Inde, le Brésil et d’autres économies « émergentes » pourront également prendre part aux discussions. Cela pourrait marquer une reconnaissance – en discussion depuis plusieurs années – que le G8 n’est plus le seul décideur de l’économie mondiale. Cela signale peut-être un changement dans la conduite du système économique mondiale.

6. Nous ne plaçons aucun espoir dans l’inclusion de ces nouveaux pouvoirs capitalistes. Les dirigeants chinois peuvent bien prétendre être socialistes, d’autres, comme Lula au Brésil et Mothlanthe en Afrique du Sud, peuvent bien se présenter par moment comme les idoles des pauvres. En fait, tous sont des défenseurs du capitalisme, exploiteurs et oppresseurs du peuple de leur propre pays et, de plus en plus, exploiteurs impérialistes ou sous-impérialistes des peuples d’autres pays.

7. Si l’on veut que la crise mène à quoique ce soit d’autre qu’à la défaite complète des classes populaires mondiales, la pauvreté, l’exploitation et la guerre, les classes populaires doivent se mobiliser. Nous devons exiger des plans de sauvetage, pas pour les capitalistes, mais pour nous. En tant que communistes libertaires, nous nous battrons pour que ceux qui ont acheté des maisons avec des crédits hypothécaires à risque soient renfloués et puissent garder leur maison. Nous continuerons à nous engager et à soutenir les luttes pour un travail mieux payé, la réduction du temps de travail, le logement, les services publics, le système de santé, l’aide sociale et l’éducation, la protection de l’environnement. Nous nous battons pour l’arrêt des guerres impérialistes et pour l’arrêt des répressions contre notre classe et contre ses luttes.

8. Nous présentons ces revendications en réponse à la réunion du G20, et nous continuerons à les revendiquer dans le futur. À travers de telles revendications, et tout au long de l’action directe qui permettra de les réaliser, nous travaillerons à construire un mouvement mondial des classes populaires qui puisse conduire à la destruction du capitalisme, de l’État et des crises qu’ils engendrent.

Premiers signataires :

- Alternative libertaire (France)
- FdCA (Italie), MACG (Australie)
- ZACF (Afrique du Sud)
- FARJ (Brésil)
- Common Cause (Ontario, Canada)
- USL (Pérou)
- UCL (Québec, Canada)


CAMPAGNE : RENFORCER ALTERNATIVE LIBERTAIRE

La crise financière démontre de façon éclatante à quel point le capitalisme conduit l’immense majorité de la population à la faillite. Elle souligne ainsi la nécessité de construire une alternative à la dictature du capital.

Pourtant les exploité-e-s ne sont pas suffisamment organisés à la fois pour résister et contre-attaquer. Face à un patronat et à une droite décomplexés, face à un PS toujours plus libéral et en voie de décomposition, il est urgent de :

– faire converger les luttes à travers un front social de l’égalité et de la solidarité qui combine mesures d’urgence et mesures de rupture avec le capitalisme ;

– œuvrer pour un front anticapitaliste, car ce front est essentiel pour favoriser l’essor des mobilisations et les radicaliser.

Mais pour peser dans ce sens, il est capital de renforcer un outil comme AL en développant sa presse, ses implantations dans les villes, les campagnes, les quartiers, les entreprises et dans la jeunesse. Il faut donner dans le paysage politique plus de poids à ce courant politique qui priorise les luttes et la bataille idéologique pour l’autogestion, là où d’autres privilégient la représentation et le combat électoral.

C’est pourquoi AL a édité des dizaines de milliers d’affiches et d’autocollants afin de donner plus de visibilité à ce combat et tout autant d’argumentaires (quatre-pages) exprimant ses analyses, sa stratégie et son projet politique.

C’est également la raison pour laquelle nous rééditons dans le présent numéro un document fondateur, le Manifeste pour une Alternative libertaire. Bien qu’élaboré en 1991, il conserve une étonnante fraîcheur et une grande clarté, et bon nombre des gens qui ont rejoint AL ces dernières années l’ont fait après l’avoir lu.

Le combat politique est rude et, aujourd’hui comme dans les années qui viennent, nous aurons besoin d’une gauche libertaire, révolutionnaire et extraparlementaire plus forte, ayant plus d’écho parmi les exploité-e-s.

Alors vous aussi contactez AL et participez à son développement !

 
☰ Accès rapide
Retour en haut