Discriminations : Éthique en toc à la SNCF

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Les discriminations racistes sont légion à la SNCF. Les syndicats sont en première ligne pour mener le combat pour l’égalité des droits [2].

Chez les cheminots et les cheminotes, le combat pour l’égalité des droits, porté par tout un pan du mouvement syndicalà la SNCF, notamment par la CFDT depuis les années 1970 puis par Sud-Rail depuis 1996, s’est traduit par plusieurs mouvements collectifs (rassemblements, grèves, pétitions...). Il revendique l’accès au statut cheminot des contractuel-le-s dont la première vague était composée de jeunes travailleurs marocains embauchés au début des années 1970 et qui en sont exclus du fait de la clause de nationalité (hors Union européenne). Sud-Rail revendique d’ailleurs la suppression de cette clause discriminatoire.

Lors de la création de Sud-Rail en 1996, le choix est fait de construire un syndicalisme des travailleurs et travailleuses du rail, en intégrant notamment les salarié-e-s des entreprises de la sous-traitance et des filiales. Or, dans les secteurs du nettoyage et du gardiennage, les salarié-e-s sont très majoritairement étrangers et subissent une exploitation exacerbée, avec des logiques de domination et de racisme. Dans le secteur du nettoyage, les femmes étrangères subissent en outre la discrimination sexiste qui se traduit par des temps partiels imposés et parfois du harcèlement sexuel.

S’organiser pour résister

Cette idée forte de rassembler les travailleurs et travailleuses du rail dans un même syndicat, c’est la possibilité de lutter et de faire du syndicalisme ensemble, de refuser la division patronale, l’isolement et les barrières invisibles. C’est ainsi que la lutte des maîtres-chiens sans papiers à la SNCF en 2009 a permis de mettre en lumière et de dénoncer la sous-traitance en cascade dans le secteur du gardiennage et la surexploitation des sans-papiers. Malgré les multiples obstacles, l’action syndicale a été suffisamment efficace (envahissement de feu le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale) pour débloquer la situation en haut lieu et permettre la régularisation de la quasi-totalité des maîtres-chiens en lutte. Dans la foulée, une section syndicale a été créée et est animée par les camarades régularisés.

Contre le racisme quotidien

Sur le sujet des discriminations racistes à la SNCF, deux affaires concernant la même filiale SNCF Itiremia ont éclaté récemment. L’an dernier, un contractuel précaire en gare de Lyon a subi devant témoins des injures racistes et a été agressé physiquement par un responsable hiérarchique. Malgré la mobilisation syndicale, l’interpellation de la direction SNCF – signataire d’une charte « éthique » – et la médiatisation de cette affaire, le salarié a été licencié et le combat se poursuit désormais sur le terrain juridique. Le 8 mars dernier, à l’occasion de la visite de Shimon Peres ayant pour motif « un plaidoyer pour la paix, entre les religions juive et musulmane » et pour son arrivée en gare du Nord, la SNCF a commandé trois porteurs à sa filiale afin de s’occuper des bagages de la délégation israélienne. Mais, « la veille, le responsable de site s’était lancé dans un étrange “marché” au sein du personnel, excluant les “Noirs et Arabes”, car il ne fallait “pas de salariés musulmans pour accueillir le chef d’État Israélien ! ». Dans un communiqué [1], Sud-Rail apporte son soutien aux salarié-e-s qui subissent ces pratiques discriminatoires et exige de la SNCF qu’elle condamne publiquement ces pratiques, et qu’elle détermine ses responsabilités dans ces discriminations racistes ignobles.

Marcos Vega (AL Paris Nord-Est)

[1Communiqué de Sud-Rail du 13 avril 2013.

[2Cet article complète celui paru le mois dernier sur les luttes contre les discriminations racistes à la SNCF

 
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