Dossier Mexique : Magón s’adresse aux femmes

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Quelques semaines avant l’insurrection, un article de Ricardo Flores Magón interpelle « la femme » sur un thème typique à l’époque : elle doit seconder l’homme qui prend les armes. Mais Magón développe également dans son article une critique féministe.


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« La catastrophe est en marche. Sa torche allumera l’incendie dans lequel brûleront le privilège et l’injustice. Camarades, ne craignez pas la catastrophe. Vous formez la moitié de l’espèce humaine, et ce qui touche celle-ci vous atteint aussi […]. Si l’homme est esclave, vous l’êtes également.

Les chaînes ne font pas de différence de genre […] L’horizon du destin des femmes se perd dans la noirceur de la fatigue et de la faim […].[Son] salaire est si dérisoire, qu’elle doit fréquemment se prostituer pour élever ses enfants, lorsqu’elle échoue à rencontrer un homme qui la prenne pour épouse sur le marché du mariage, une autre forme de prostitution sanctionnée par la loi […] Dans ce siècle, la condition d’une femme varie selon son rang social, même si la tradition et la loi continuent à la subordonner à un homme.

Mineure éternelle […] elle ne peut pas voter et ne peut pas être élue, et pour être autorisée à signer des contrats civils, elle doit posséder des biens matériels. […] La solidarité est donc nécessaire, dans la grande lutte pour la liberté et le bonheur. […] Votre devoir est d’aider l’homme, d’être avec lui quand il vacille pour lui rendre courage, de vous porter à ses côtés quand il souffre, pour adoucir sa peine […]. Les chaînes de l’homme sont les vôtres. Ah ! Peut-être les vôtres sont-elles plus noires et plus infamantes encore […]. »

Regeneración, 24 septembre 1910

 
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