Edito : En 2007 quelle rupture ??

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Qui veut prendre les paris ?

Qui veut parier que le Parti socialiste s’il revient au pouvoir, maintiendra l’essentiel des réformes libérales entreprises par Raffarin, Villepin et Jospin ?

La casse des retraites en 2003 ? Elle sera maintenue. Rappelons qu’il s’agissait là d’un “ programme commun ” Jospin-Chirac, cosigné au Conseil européen de Barcelone en 2002. La casse de la Sécurité sociale en 2004 ? Le Parti socialiste était d’accord avec l’UMP.

La privatisation de GDF et déréglementation des tarifs du gaz ? Le PS a amusé la galerie avec ses 10 000 amendements à l’Assemblée, avant de les retirer piteusement. À quoi bon feindre l’opposition, puisque, sur ce sujet encore, il est sur la même ligne que l’UMP ? Et pourquoi, de toute façon, désavouer Jospin, qui entre 1997 et 2002 a davantage privatisé que Balladur et Juppé réunis ?

Les lois sécuritaires, le remplissage des prisons, le flicage de la société ? Le PS est pour (mais, délicat, il n’aime pas le mot “ Kärcher ”).

La fermeture des frontières, la chasse aux immigré(e)s ? Le PS est pour. La baisse des impôts pour les riches, l’aggravation des inégalités fiscales ? Strauss-Kahn a déjà fait un bon travail dans ce sens quand il était ministre des Finances. Le PS continuera sur cette lancée.

Le démantèlement du code du travail ? L’allongement des horaires de travail ? La flexibilité ? La remise de la “ France au travail ”. Là encore, identité de vues à l’UMP comme au PS.

Heureusement, le contrat premier emploi (CPE) a été retiré sous la pression de la rue. Mais le reste de la loi dite d’“ Égalité des chances ” ? Il est évident que le PS ne va en aucun cas la remettre en cause. Quant au Contrat nouvelles embauches (CNE), qui fait des ravages en ce moment même chez les travailleuses et les travailleurs, pensez-vous sincèrement qu’un gouvernement PS tentera ne serait-ce qu’une mesure qui désobligerait le Medef ?

L’alternance au pouvoir de ces deux partis n’a qu’une fonction : masquer la continuité fondamentale des politiques antisociales qui sont menées sous la houlette du patronat français et européen. Mais à voir la proximité complète de leur programme, on se demande bien comment l’artifice fonctionne encore.

Moins que jamais, le changement viendra des urnes. En 2007, comme en 2006 avec le CPE, la seule rupture avec le libéralisme, elle viendra du rapport de force que nous saurons imposer dans la rue.

Alternative libertaire, 26 décembre 2006

 
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