Edito : Trump trompe ses troupes

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Que retenir de l’assaut du Capitole le 6 janvier ? Tout d’abord l’isolement du président des États-Unis, lâché par ses principaux soutiens politiques et économiques.

Les capitalistes préfèrent la stabilité des affaires à l’aventurisme. Ce coup de force n’avait aucune chance d’aboutir dans le contexte actuel.

Les visages découverts, la démarche touristique de certains, la sidération face à la riposte de certains policiers démontrent l’impréparation manifeste d’une foule galvanisée par les paroles inconséquentes d’un bouffon. Trump n’a d’ailleurs pas tardé à condamner ses propres troupes après avoir joué à se faire peur.

Et c’est la deuxième chose qui transparaît de ces événements : ces populistes n’ont un goût que très relatif pour « le peuple ». La « masse confuse » est utile dans les urnes ou pour faire de l’audimat. Mais de Trump à Le Pen en passant par Zemmour et Pascal Praud le goût du « peuple » se cultive d’abord dans le confort des salons de la bourgeoisie. Loin des coups de force de la rue ou des aventures qui peuvent mener en prison. Peut-être que les idiots utiles qui suivent ou qui votent pour ces « rebelles » en tireront des leçons.

Mais aucune fanfaronnade. Les drames historiques ont souvent, à leurs débuts, le visage de la farce. Qu’on pense au putsch de la brasserie du Hitler de 1923 ou aux gesticulations clownesques du Mussolini de 1919. Gageons que la conscience antifasciste progressera au regard des menaces actuelles.

UCL, 24 janvier 2021

 
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