Epstein : le risque complotiste

L’affaire Epstein ne cesse de faire des vagues dans l’océan médiatique. Fin janvier, le gouvernement Trump sous pression, accusé de dissimuler l’implication du président dont le nom apparaît dans les fichiers à de nombreuses reprises, déclassifie plus de 3 millions de pages liées au scandale de trafic sexuel. L’ampleur du réseau se dévoile de jour en jour, éclaboussant des personnalités faisant partie de l’élite mondiale aux quatre coins du globe.
Et exposant encore plus les victimes au passage, les États-Unis ayant divulgué par erreur des informations personnelles les concernant. Comme toujours, les survivantes de violences sexuelles subissent double peine une fois les procédures judiciaires enclenchées.
Ces révélations marquent un tournant politique en clivant la base MAGA du soutien à Trump. Ce dernier, qui a fait de la lutte contre le « Deep State » un argument de campagne dès sa première candidature en 2017 – en bénéficiant notamment du soutien du mouvement complotiste Qanon – voit sa stratégie se retourner contre lui. Difficile de se présenter comme chevalier à l’assaut d’un réseau de pédocriminels satanistes dirigeant le monde en cachette lorsqu’on peine soit-même à effacer les traces de sa collaboration avec Epstein.
Mais ne nous y trompons pas : les milieux de l’alt-right américaine ne sont jamais à cours de ressources pour exploiter les théories complotistes à leur avantage. Et transformer une affaire révélatrice des structures du pouvoir patriarcal et économique en réquisitoire antisémite.
UCL, 22 février 2026





