Fronts de lutte : Pistes concrètes d’action

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Licenciements, casse de l’assurance chômage, précarité : les fronts à fédérer ne manquent pas. Pour cela, les outils de masse sont indispensables, mais il faut aussi promouvoir un discours révolutionnaire pour couper court à tout confusionnisme ou récupération.

Le fait que la précarité pèse de manière de plus en plus forte sur de plus en plus de monde est un frein à la combativité de classe. Aujourd’hui on ne peut faire l’économie de luttes sur les effets quotidiens des politiques capitalistes si l’on veut rompre le découragement ambiant : logement, coupures d’électricité mais aussi fermetures de services publics. Reconstruire la solidarité, c’est donc décloisonner les fronts de lutte. Par exemple  : défendre la gratuité des cantines scolaires pour les enfants des personnes licenciées. C’est en construisant des solidarités concrètes que l’on brise les bases sociales sur lesquelles repose la progression de l’extrême droite aujourd’hui. C’est en obtenant de «  petites  » victoires que l’on redonne de l’espoir pour lutter. Le morcellement des réalités de travail allié à un éclatement des rythmes de vie (horaires de boulot, distance aux lieux de vie/travail) affaiblit la conscience de classe.

Unir les différents secteurs

Pourtant, c’est bien à la même exploitation des rapaces capitalistes que sont soumis les travailleurs, les chômeurs et les précaires. Il y a donc un enjeu, en plus des actions concrètes (initiatives interprofessionnelles, etc.), à poser des mots d’ordre qui soient fédérateurs et rendent compte de cette réalité commune. En premier lieu, la question de la réduction massive du temps de travail (sans perte de salaire) qui permet de relier, entre autres, la question du chômage et de la précarité à celle de la pression sur la productivité de plus en plus importante pour les salarié-e-s.

C’est aussi la question de l’organisation même du travail qui doit permettre d’unir les différents secteurs. Que ce soit dans le privé ou dans le public, les salarié-e-s sont soumis aux mêmes logiques de management qui se traduisent par des pratiques d’évaluations individuelles, de harcèlement, de mise en concurrence. Combattre ces logiques, refuser les évaluations et les compétitions, dénoncer la hiérarchie, c’est rendre visible cette réalité commune.

Faux amis et vrais fachos

La période est globalement à la confusion politique. Entre les faux-amis et vrais fachos qui pullulent sur Internet et polluent les esprits, et la mode du nationalisme à gauche, il est difficile de s’y retrouver pour un grand nombre de personnes. Il y a donc un enjeu pour les révolutionnaires à marquer par des initiatives concrètes (cortèges communs, tracts unitaires) les contours du camp anticapitaliste et de regrouper autour. C’est pourquoi Alternative libertaire développe une stratégie des fronts anticapitalistes, dans lesquels pourraient agir de concert l’ensemble des militants et militantes révolutionnaires, affilié-e-s ou pas à des organisations politiques.

Tristan (AL Toulouse)

 
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