Grèce : Répression socialo-policière

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Cette année en Grèce, alors que le 1er mai coïncidait avec la fête de Pâque orthodoxe (une des principales fêtes religieuses du pays), les syndicats avaient décidé, comme chaque fois que ces deux dates sont simultanées, de repousser la mobilisation (grève et manifestation) au 11 mai. Or, pour la première fois depuis 1937, le gouvernement (de droite) n’a pas décrété de jour férié pour cette mobilisation. La veille du 11 mai, les anarchistes ont organisé à l’École polytechnique (haut lieu de la révolte du 17 novembre 1973 contre la dictature) un meeting « Accidents du travail : crimes patronaux ». Au même endroit le Pasok (Parti socialiste, aujourd’hui dans l’opposition) présentait un livre sur la social-démocratie en présence d’anciens ministres accompagnés de flics en armes, ce qui est illégal en raison de l’« immunité universitaire ». Les anarchistes présents ont donc exigé leur désarmement et leur expulsion. Les flics ont répondu par 18 coups de feux, et deux militants ont pris des balles dans les jambes. Les anarchistes ont alors décidé de bloquer les ministres et autres « personnalités » socialistes, et déclaré que personne ne sortirait tant que le gouvernement n’aurait pas livré le nom du flic qui avait tiré. C’est finalement un des ex-ministres présents qui a balancé son chien de garde pour sortir de l’école.

Pour le moment aucune poursuite n’est à l’ordre du jour contre le policier qui a tiré. Le 21 mai, les forces de l’ordre ont pris leur revanche en attaquant plusieurs cafés et locaux 1iés au mouvement anarchiste et procédé à 300 arrestations. Treize camarades, dont une militante de l’ESE, doivent passer en procès.

Nous publions la déclaration de nos camarades de l’Union syndicaliste libertaire de Grèce (ESE) suite à ces évènements : "Des nervis – gardes du corps des anciens ministres du Pasok – ont envahi l’École polytechnique la veille de la grève du « 1er mai » et un d’entre eux, Christophoros Patsias, a tiré, avec pour conséquence la blessure grave d’un jeune homme qui participait à un meeting sur les accidents du travail. Ce jeune homme risque de plus de se trouver devant la justice en tant qu’inculpé (peut-être parce qu’il est resté debout devant la balle des flics du PS).

Que l’État assassine, cela ne nous étonne pas. Depuis la fin de la dictature, en 1974, plus de 700 personnes non armées furent les victimes des « tirs accidentels » comme l’État qualifie ce genre de pratiques policières, dont 56 pendant l’âge d’or de la gauche rénovatrice (1996-2002). Les pratiques meurtrières de l’État et du capital ne s’arrêtent pas là, puisque 5.500 ouvriers ont été tués dans les usines et les chantiers depuis 7974, dont 20 depuis le début de l’année 2005.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous réclamons le désarmement des assassins en uniforme et la punition des patrons pour les meurtres des ouvriers. Tolérer la violence étatique c’est en être complice."

Union syndicaliste libertaire (ESE, Athènes)

 
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