Grève de la faim : Faut-il mourir pour avoir des papiers ?

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La condition des sans-papiers a-t-elle changé depuis que les socialistes sont à la tête de l’État ? Il semblerait que non. Aujourd’hui ils peuvent mourir sur le parvis d’une église sans que cela n’émeuve notre ministre de l’Intérieur... Face au racisme d’État la solidarité s’organise.

La condition des sans-papiers a-t-elle changé depuis que les socialistes sont à la tête de l’État ? Il semblerait que non. Aujourd’hui ils peuvent mourir sur le parvis d’une église sans que cela n’émeuve notre ministre de l’Intérieur... Face au racisme d’État la solidarité s’organise.

Valls marche décidément dans les pas de la droite et de l’extrême droite. Un exemple de l’ignominie de ce sinistre de l’Intérieur : au lieu de profiter de l’invalidation de la garde à vue relative aux étrangers en situation irrégulière par la Cour de cassation pour instaurer un dispositif plus respectueux de leurs droits, il a mis en place une « retenue » qui constitue un traitement différencié et qui comporte encore moins de garanties. Mais à la révolte des sans-papiers de Lille, il n’a opposé qu’un ferme mépris. Les médias ont d’ailleurs très peu relayé l’affaire.

Plus d’une centaine de sans-papiers étaient en grève de la faim. Après plus de soixante-dix jours de grève, Valls et le préfet du Nord continuaient de trouver illégitime leur demande de régularisation. Ils sont allés jusqu’à accuser des personnes qui risquaient leur vie pour faire reconnaître leurs droits de créer un « rapport de forces ».

le cynisme des socialistes

Mais de quel côté se situent la force et la violence ? Les clowns socialistes n’ont pas lésiné sur les moyens, ils ont envoyé le Groupe d’intervention de la police nationale (GIPN). Des troupes d’élite, destinées aux terroristes ont été appelées pour faire évacuer une église occupée par des sans-papiers en grève de la faim ! Ils ont touché le fond, ou plutôt le Front. Des personnes ont failli mourir dans l’indifférence sur les terres de la socialiste Martine Aubry. Certaines personnes vont garder de lourdes séquelles de cette longue grève de la faim. Le gouvernement a délibérément opté pour une brutalité ostentatoire en expulsant deux d’entre eux le 31 décembre dernier, y ajoutant, pour faire bonne mesure en ce jour de fête, un jeune Pakistanais résidant en France depuis l’âge de 15 ans, menacé dans son pays d’origine.

La solidarité en marche

La solidarité s’est rapidement mise en route dans le reste de la France : le 9e collectif de sans-papiers a occupé le siège parisien du PS le 4 janvier, occupation suivie de rassemblements réguliers au même endroit. Ont ensuite été occupées l’Agence France-Presse, afin de dénoncer le silence médiatique sur cette grève, puis la basilique de Saint-Denis. Les actions de soutien ont continué à se développer en janvier, se soldant par plusieurs arrestations collectives comme le 14 janvier après un rassemblement sous les fenêtres de Valls.

La grève a finalement pris fin après que la préfecture a donné son accord pour étudier les dossiers. Mais comme d’habitude, les régularisations se font au cas par cas et sans aucune garantie de régularisation effective. La stratégie consistant à éclater la solidarité en individualisant les situations est bien connue après dix ans de sarkozysme. La preuve est maintenant faite que cela ne changera pas sous le PS. Malgré la fin de la grève, le mouvement ne s’arrête pas. Les soutiens franciliens au collectif lillois prennent désormais la forme d’un rassemblement hebdomadaire à Solférino, tous les mercredis à partir de 18h. Il faut espérer que cette dynamique se maintienne, et que toutes nos luttes visant l’égalité des droits convergent.

Clem (AL Paris Nord-Est) et Nico Pasadena (AL Montreuil)

 
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