Intermittents : L’art de la lutte

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La réforme de la convention Unedic est lourde de conséquences pour les plus précaires. À Toulouse, retour sur une lutte festive et autogérée !

Le Medef, appuyé des habituels syndicats jaunes, à l’exception de la CGC et de la CGT, a signé dans la nuit du 21 au 22 mars une nouvelle convention Unedic profondément injuste et régressive, tant pour les demandeurs et demandeuses d’emploi que pour les intérimaires, intermittentes et intermittents du spectacle.

Les millions d’économies « espérées par la CFDT » pèseront sur le dos des plus fragiles : augmentation sévère des périodes non indemnisées pour les salarié-e-s bénéficiant d’indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle, baisse générale des indemnités, hausse des cotisations et différés de paiement pour les intermittents et intermittentes du spectacle qui se feront au détriment des bas et moyens salaires. Ou comment précariser encore davantage les plus fragiles...

François Rebsamen, nouveau ministre du Travail, faisait partie en 2003 du comité de suivi qui appuyait les revendications progressistes des intermittents du spectacle. Mais à l’époque, c’était l’UMP qui était au pouvoir !

Créer, c’est résister, résister, c’est créer !

Cette fois ci encore, la lutte n’est pas menée que par les intermittents mais est ouverte aux associations de chômeurs et chômeuses, aux intérimaires concerné-e-s par cette nouvelle convention. C’était déjà l’une de nos préoccupations lors des précédents mouvements (1997, 2003, 2006).

Dépasser les corporatismes et les luttes catégorielles est l’un des objectifs de la coordination des intermittents et précaires… Certains d’entre nous dans le mouvement avaient même déjà appuyé en 2003 la revendication d’une intermittence élargie à tous les précaires (avec la CNT Vignolles). À Toulouse également , la lutte a bel et bien repris : manifestations originales – avec le soutien du Dal, MNCP, Solidaires, CGT, FSU, etc., où les manifestants et manifestantes (non représenté-e-s pour la plupart aux « négociations ») déambulent avec des chaises, font « le siège » de différents lieux de pouvoir, comme la direction régionale du travail et de l’emploi, Pôle emploi, le Medef. Les assemblées générales sont souveraines, les gens s’organisent et travaillent en commissions qui proposent ensuite aux AG des slogans, des tracts, des analyses chiffrées, des actions originales et spectaculaires, à ce jour toujours non violentes. Au carrefour de la lutte, des rencontres, de l’entraide, des confrontations d’idées, des initiatives multiples, une formation permanente et un apprentissage pour les plus jeunes qui abattent également un sacré boulot ! L’expérience de la démocratie directe permet ainsi à la fois de prendre conscience, mais aussi de prendre confiance, à travers l’expression individuelle et collective des compétences et des ressources multiples où « créer, c’est résister et résister, c’est créer ! » Dans nos projets à venir également, l’idée de la grève dans les lieux de spectacles – institutionnels en priorité – puis par la suite au Festival d’Avignon et ailleurs.

C’est dans la rue , à travers des actions, dans les lieux occupés, les manifestations, les assemblées générales, à travers la mise en place de pratiques de vie alternatives (création de collectifs, mutualisations ...) et à travers nos valeurs d’égalité et de solidarité que se joue, ici et ailleurs et bien au delà des clivages et des frontières, l’avenir du monde, de notre monde car « ce que nous défendons, nous le défendons pour toutes et tous ! »

Patrick Leclerc (ami d’AL)

 
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