La Nive-Matériaux : Le succès les bras croisés

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Une grève de dix-huit jours a permis aux salarié-e-s de La Nive Matériaux d’obtenir une augmentation de salaire de 155 euros malgré les pressions et autres menaces de la direction.

La Nive-Matériaux est une entreprise de construction comptant 177 salarié-e-s réparti-e-s dans cinq usines en France. Récemment, elle est devenue une filiale d’un grand groupe du bâtiment, Bona Sabla.

Le 17 septembre, deux usines, celles de Bordeaux (Gironde) et de Rousset (Bouches-du-Rhône) se mettent en grève à l’appel de la CGT. Sur Rousset, les ouvriers qui fabriquent des structures en béton débrayent les premiers, rapidement suivis par ceux qui fabriquent des structures en plastique.

Sur Bordeaux, la grève ne dure que deux jours et, dès le 19 septembre, le travail reprend. Mais les grévistes de Rousset ne l’entendent pas de cette oreille. Sur les 48 employé-e-s que compte le site, toutes et tous les salariés liés à la production sont en grève, soit 23 grévistes. Au bout de quelques jours, l’usine commence à perdre des clients. La direction s’entête pourtant : elle conditionne l’ouverture de négociations à la reprise du travail.

Les grévistes refusent. Non seulement ils ne relâcheront pas la pression, mais de plus, c’est sur la base de leurs revendications que les négociations devront s’ouvrir. En face, la direction propose… 10 euros brut d’augmentation par mois ! Elle n’hésite pas à utiliser l’argument imparable : la menace de fermeture.

Mais rien à faire, les grévistes restent les bras croisés : « Vous allez pas nous la faire, des investissements lourds ont été réalisés sur ce site, l’entreprise engrange d’énormes profits, pas question de céder. » Et l’usine continue de perdre des clients…

Solidarité locale

Autour de la grève, la solidarité s’organise. Des ouvrières et des ouvriers syndiqués de la même zone industrielle, mais aussi des habitantes et des habitants de Rousset viennent prêter main forte sur les piquets, déjà soutenus depuis le début par l’union locale CGT.

La direction, acculée, finit par céder. Après plus trois semaines de mouvement, le jeudi 9 octobre, la grève s’achève sur une victoire. Toutes les revendications sont satisfaites :

– une prime de transport de 25 euros mensuels ;

– l’augmentation de tous les salaires de 2 %, avec un plancher d’augmentation de 30 euros ;

– 4,91 euros de panier journalier pour le repas ;

– augmentation de la prime d’été de 20 % à 35 % du salaire.

L’ensemble représente une augmentation de revenu de 155 euros.

Ces acquis, le site de Rousset ne sera pas le seul à en profiter : ils s’appliqueront à l’ensemble des cinq sites de La Nive-Matériaux.

Nicolas (avec correspondant à Rousset)

 
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