Pleins feux

La Poste : la grève, un piquet dedans, un piquet dehors

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Depuis le 15 novembre, 70 ouvriers sans papiers du centre de tri DPD (filiale de La Poste) du Coudray-Montceaux (91) sont en grève et occupent une partie de leur lieu de travail. Ils sont employés par DPD ou par l’agence d’intérim Derichebourg qui cogère le site. Ils exigent de leur employeur des Cerfas, et demandent leur régularisation.

Derichebourg et le groupe La Poste, via ses filiales et sous-traitants, sont des champions de l’emploi de sans-papiers. Dans ce centre de tri, la direction impose, sous peine de fin de mission, des journées de travail de douze heures, des heures sup’ non payées en début de service, et des cadences infernales  : 150 à 300 colis par heure, soit trois fois plus que dans un centre de tri de La Poste maison mère. On parle pourtant de colis extrêmement lourds tels que des meubles  !

Un véritable esclavagisme moderne dont il est difficile d’imaginer l’existence en France. Une exploitation jusqu’à en mourir, comme un de leurs collègues qui s’est effondré en rentrant chez lui après une trop longue journée en juillet dernier.

À l’initiative de cette lutte, le Collectif des travailleurs sans papiers de Vitry qui avait mené en 2019 la longue lutte du Chronopost d’Alfortville. Après sept mois d’occupation, celle-ci avait permis la régularisation d’une centaine de travailleurs du Chronopost, mais aussi de soutiens extérieurs. Cette lutte est soutenue syndicalement par Solidaires 91 et SUD-PTT, qui organisent le soutien logistique : cagnotte, tentes, vêtements chauds.

Des élus SUD de DPD permettent aussi de relayer leurs revendications dans les instances sociales du groupe. Le soutien s’élargit avec la création d’un collectif unitaire, regroupant des militantes et militants de tous horizons.

Une lutte partie pour durer, une direction indécente

Après l’expérience de Chronopost, les grévistes savent que la lutte pourrait durer des mois. Ils sont répartis en deux piquets qu’ils occupent nuit et jour. Un à l’intérieur du site et l’autre à son entrée. Les camarades du piquet intérieur ne peuvent plus être rejoints, et la direction refusait au début de laisser rentrer quoi que ce soit. La mairie de Corbeil les a finalement fait céder pour l’eau, et des médecins ont pu voir les grévistes, qui par grand froid ont rapidement eu des engelures aux pieds. Après une semaine, il est toujours impossible de faire rentrer à manger.

DPD a lancé un référé en justice pour faire évacuer le piquet intérieur. Quel qu’en soit le résultat, le piquet extérieur sera maintenu tant que les grévistes n’auront pas obtenu leurs Cerfas. De nombreuses initiatives s’organiseront prochainement contre le groupe La Poste, Derichebourg ou encore la préfecture. Il faudra alors être à leurs côtés ! L’Union communiste libertaire exige la régularisation de toutes et tous  !

Adrien (UCL Grand-Paris sud)

  • Adresse du piquet  : rue du Bois de l’Écu, Coudray-Montceaux (RER D le Plessis-Chenet).
 
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