La maternité des Lilas vivra !

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Menacée de réorganisations qui auraient signé la fin de son savoir-faire, la maternité des Lilas a pu conserver son activité et sa pérennité, grâce à une lutte victorieuse. Exemple à suivre !

Structure pionnière en matière d’accouchement naturel, la maternité des Lilas assure en moyenne 1.700 naissances par an. Mais ce n’est pas seulement une maternité d’exception, c’est aussi un centre d’IVG de pointe qui réalise les interruptions de grossesses entre douze et quatorze semaines, ce que bon nombre d’établissements refusent de faire au profit de l’IVG médicamenteuse, beaucoup plus rentable.

Un projet fumeux

Du fait de bâtiments quelque peu vétustes, la reconstruction et l’agrandissement de la maternité demeurent vitaux au maintien de la qualité des prises en charge. L’Agence régionale de santé (ARS), qui s’était pourtant engagée à financer la reconstruction de la maternité sur la commune des Lilas, s’est soudainement rétractée. Faisant prévaloir la rentabilité financière sur toute autre considération, l’ARS propose l’idée d’un rapprochement de la maternité avec le fonds de pension australien Ramsay santé, qui, soit dit en passant possède déjà la très chic clinique de La Muette – lieu fréquenté par le gratin du show-biz et de la politique.

À ce petit jeu (boursier), il est évident que la maternité des Lilas perdrait une bonne part de sa spécificité et de son savoir-faire. C’était sans compter sur la détermination du personnel qui a rapidement mis en place un collectif de soutien très actif.

Afin de populariser la lutte, un blog a vu le jour, et les actions se sont vite multipliées : réunions, diffusions de tracts, débats, conférence de presse... Le point d’orgue de cette mobilisation fut la journée du 24 septembre où plus de 1.000 personnes défilèrent derrière le personnel. L’unité syndicale et politique s’est vite constituée autour d’une cause d’emblée populaire.

Un cas emblématique

Cette lutte témoigne aussi de l’absurdité des réformes en cours dans le secteur hospitalier. Depuis la fin des années 1980, près de la moitié des maternités ont fermé sur le territoire. L’idée directrice est d’imposer des coupes budgétaires massives et par conséquent une réduction drastique de l’offre de soin. La mode n’est plus aux structures de proximité mais à la création de véritables « usines à bébés » réalisant entre 4.000 et 5.000 naissances par an.

Aux Lilas, la résistance s’est organisée avec succès. L’ARS semble reculer : le projet « fonds de pension » a du plomb dans l’aile... Même si l’État n’hésite plus à s’en prendre à des structures emblématiques, les luttes existent et peuvent même se révéler gagnantes : le maintien de la cardio à Mondor, du centre IVG à Tenon, la radiothérapie à Argenteuil, la maternité de Saint-Maurice... Face à un projet de démolition de notre système de santé, il est urgent d’élargir ces fronts de lutte pour construire une riposte générale et unitaire.

Un syndicaliste du 93

 
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