Licenciements : Sanctionner et faire payer le patronat

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Les récentes annonces de suppressions d’emploi chez Airbus-EADS et Alcatel-Lucent replacent la question des licenciements au cœur du débat social et politique. Ces « plans sociaux » constituent une nouvelle illustration de la rapacité des patrons et des actionnaires dont le seul objectif est d’engranger un maximum de profits au détriment du droit à l’emploi des salarié-e-s. Pour s’opposer à cette destruction planifiée par l’État et le patronat, les travailleurs et les travailleuses ne doivent compter que sur eux-mêmes. Le cas d’Airbus est particulièrement éclairant. Les principaux actionnaires privés, Lagardère et Daimler-Chrysler, qui ont profité pendant plusieurs années des profits réalisés par l’entreprise, affectent aujourd’hui de s’en désintéresser, à la première difficulté venue. PS et UMP craignent une crise sociale qui, comme celle de Vilvorde en 1997, viendrait polluer leur belle campagne électorale faite de petites phrases et de coups bas. Ils vont donc se rejoindre sur l’essentiel : les pouvoirs publics débloqueraient l’argent que le patronat ne veut pas débourser. Encore une fois, le capital pille le travail. L’alternative proposée par Louis Gallois, le PDG d’EADS, c’est ou bien l’aberrant plan Power 8 et une réduction drastique des effectifs (alors que le carnet de commandes est plein) pour dégager de l’argent frais ; ou bien un transfert massif d’argent public.

Le groupe Alcatel-Lucent issu d’une récente fusion génère des profits immenses, 522 millions d’euros en 2006, et les suppressions d’emplois prévues (12500 dans le monde dont 1500 en France) ne visent qu’à augmenter un peu plus les dividendes reversées aux actionnaires, qui s’élèvent déjà à 370 millions d’euros.

Mutualiser les responsabilités patronales

De l’argent il y en a. C’est au patronat de payer le prix de ses errements, pas aux travailleuses et aux travailleurs. Il faut le contraindre à maintenir tous les emplois aujourd’hui menacés. Rompre avec le cycle des délocalisations et des licenciements nécessite de s’en prendre au pouvoir sans partage des capitalistes, en exigeant une totale transparence sur les comptes des entreprises, la fin de toutes les exonérations de charges sociales, le remboursement des aides perçues par l’Etat et la garantie d’un droit au travail et au revenu.

C’est par la lutte et dans l’unité entre les travailleurs et les travailleuses des différents sites concernés, à l’échelle nationale comme internationale, qu’une riposte pourra émerger. C’est une offensive de l’ensemble du monde du travail qui permettra d’imposer un contrôle sur la production et une répartition égalitaire des richesses produites et du travail disponible.

Alternative libertaire, le 6 mars 2006

 
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