Lire : Patrick Deville, « Viva »

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Le roman de Patrick Deville est sorti au printemps dernier. Il a beau nous brûler du soleil qui écrase les villes et les volcans mexicains, l’éditeur avait choisi un mauvais timing pour un roman mélancolique qui se savoure bien davantage à l’automne.

Viva est une déambulation dans le Mexico d’aujourd’hui à la ren­contre des artistes et révolutionnaires qui auront marqué le XXe siècle. Perdus ou perdants mais magnifiques. Poètes, écrivains, victimes du stalinisme et tueurs staliniens, les Européens furent nom­breux à se croiser, à se rencontrer ou se perdre dans ce Mexique post-révolutionnaire de 1917 à 1947. A la recherche de spiritualité, de repos ou d’oubli.

Artaud, Cravan, Lowry et Breton d’un côté. Trotsky, Victor Serge, Modotti, des anarchistes espagnols de l’autre. Mais encore Benjamin Péret ou B. Traven qui tour à tour se font miliciens et écrivains. Les Mexicains ne sont pas en reste à l’ombre de Zapata, de Villa et du Popocatepetl. Au premier plan bien sûr ­Kahlo et Rivera.

De cette incroyable quantité d’énergie et de créativité rassemblées ici autour de ces proscrits et de ces fuyards, il nous reste des milliers de pages que le bref roman de Deville nous invite à ne pas oublier ; mais à lire ou relire quitte à pleurer des larmes de mezcal.

Jean-Yves (AL 93)

Patrick Deville, Viva, Le Seuil, 2014, 217 pages, 17,50 Euros.

 
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