Macron, Gaza : la honte

Le 13 mai, le Président s’offrait trois heures de télévision en prime time sur TF1. Six minutes y étaient consacrées à Gaza. Interpellé par un médecin urgentiste employant le mot génocide pour décrire la situation, Macron refusera de reprendre le terme, renvoyant cette responsabilité « aux historiens ».
S’en suit un discours de langue de bois, prétendant militer pour l’ouverture du blocus humanitaire qui affame les gazaouies depuis plus de deux mois, et rejetant la responsabilité sur les États-Unis. Mais nous n’oublierons pas la réalité : le soutien constant de la France, qui continue d’armer Israël, et la répression forcenée des militantes et militants pour la Palestine, alors que la procédure de dissolution d’Urgence Palestine est toujours en cours. Rappelons que le terme de génocide ne fait plus débat, repris par toutes les ONG humanitaires et par la rapporteuse de l’ONU.
Surtout, le Président évite de parler du véritable projet politique porté par l’extrême droite israélienne : l’annexion complète de Gaza, et probablement à terme de la Cisjordanie. Un projet colonial qui s’accompagne d’une volonté d’éradication du peuple palestinien dans sa totalité, annoncée ouvertement depuis des mois dans les déclarations des responsables israéliens.
« C’est une honte » : ce sont les seuls mots de critique que s’est permis Macron à la télévision. Non, ce n’est pas une honte : c’est un génocide. La honte, c’est le silence des dirigeants comme lui qui laissent le peuple palestinien disparaître.
UCL, 26 mai 2025





