Manifestation lycéennes : Violences le 8 mars

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À la manif du mardi 8 mars, de graves incidents ont eu lieu à Paris. La manif a été ponctuée de nombreux passages à tabac, sous l’oeil indifférent de la police.

Il faut faire la part des choses entre différents niveaux de violence. Une cinquantaine de jeunes aux pratiques mafieuses et réactionnaires ont agressé physiquement des manifestants, faisant ainsi le jeu de la bourgeoisie et du gouvernement. Beaucoup de jeunes présents à la manif se sont laissés entraîner par le climat de violence générale.

Les premiers incidents ont eu lieu avant même le début de la manif : des bandes se sont affrontées entre elles et la police les a pris à partie. Dès les premiers problèmes de rackets et de vols à la tire, monnaie courante dans ces manifs, le service d’ordre (SO) de la FIDL, en grande partie issu de l’Unsa Police et de SOS-Racisme, a commencé à tabasser des jeunes, avant de les livrer à la police. Le délit de faciès allait bon train. Les Comités d’Action lycéen (CAL), en voulant intervenir, ont été repoussés violemment par le SO de la FIDL.

Les bandes, excitées par les flics et le SO de la FIDL, ont alors engagé les représailles. La police et le SO étant inattaquables, ce sont les cortèges les moins protégés qui ont dûs encaisser cette montée de violence, celui des CAL entre autres. Des lycéens se faisaient arracher du cortège et passer à tabac à dix contre un. Le SO était débordé, les flics indifférents. Ces passages à tabac de lycéens sont inacceptables. Des SO déterminés et cohérents sont indispensables au mouvement, mais la répression aveugle n’a jamais rien résolue.

Contrairement à ce que prétendent certains groupuscules d’extrême droite, profitant des évènement pour propager leur idéologie raciste et mensongère, ces bandes n’avaient probablement pas prévu avant la manif de s’organiser pour « casser du manifestant ». C’est bien un engrenage de violence qui a fait passer ces jeunes de l’ambition de racket à celle du passage à tabac.

La jeunesse des classes populaires est toujours bien représentée dans les cortèges et dans les AG et tout s’était, à peu près, bien passé jusque-là. En effet, celle-ci est touchée de plein fouet par le plan Fillon, qui entraînera l’augmentation des inégalités et réserve aux lycéens en difficulté un parcours minimum sans réelle valeur.

Enfin, rappelons que la casse sociale du Medef et du gouvernement est aussi une forme de violence. C’est une violence d’une nature différente, et d’une tout autre ampleur. Ainsi, les violences physiques du 8 mars sont aussi le résultat de plusieurs décennies d’exclusion et de ségrégation sociale.

Secrétariat de la branche Jeunesse d’Alternative libertaire

 
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