Antipatriarcat

Marches des fiertés : Les prides gagnent de nouveaux terrains

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Après deux ans sans marches des fiertés, leur retour a permis de faire le point sur les luttes passées et à venir. Une implication forte des contre-pouvoirs LGBTI dans leur déroulement a permis que ces moments soient radicaux et massifs.

Durant la pandémie de Covid-19 en France, les personnes LGBTI et leurs mobilisations contre le patriarcat ont été impactées par un durcissement de leurs conditions de vie, le report – voire l’annulation – d’événements de lutte importants (marche des fiertés, ExisTransInter), par la remobilisation des réactionnaires autour de la loi bioéthique, la structuration nouvelle d’un milieu «  féministe  » transphobe et l’attaque de certaines mobilisations par des fascistes.

D’un autre côté, les mobilisations ont permis une recomposition enthousiasmante des fronts de lutte des personnes trans’ et des lesbiennes  [1], une ouverture de la parole sur les violences sexuelles dans les milieux gay autour du hashtag MeTooGay  [2] et la demi-victoire de l’accès à la PMA pour les couples lesbiens et les femmes seules. Les marches des fiertés ont été l’occasion de faire le bilan de ces évolutions.

Au vu de la situation sanitaire en juin, certains collectifs organisateurs des prides ont préféré les décaler à septembre ou octobre, par exemple à Grenoble, Toulouse, Valence, etc. Pour celles qui ont eu lieu, une véritable radicalisation est visible. Le couvre-feu a obligé les prides de nuit à Paris et Toulouse à s’organiser exceptionnellement en journée. Pour ces alternatives radicales à la pride traditionnelle, le succès a été total  : au lieu de quelques centaines de militant·es, ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui ont participé.

le Pôle de luttes le 26 juin pour une Pride revendicative de Pantin à République
Crédit Photo. Photothèque Rouge / Martin Noda / Hans Lucas

Ces initiatives sont parties et passées dans des quartiers populaires, où elles ont été très bien reçues. À l’intérieur des prides d’Annecy et de Paris ont été organisés des pôles des luttes regroupant tous les collectifs de lutte, spécifiques ou non, pour que la repolitisation ne touche pas que les convaincu·es. À Rennes, cela a pris la forme d’un cortège antifasciste en hommage à Clément Méric. Un succès, malgré les coups de force et agressions de féministes transphobes à Paris.

Une percée hors des centres urbains et métropolitains

Certaines petites et moyennes villes ont accueilli leur première marche à la rentrée, comme Arles et Auch, initiées par les Planning familliaux ou les centre LGBTI et qui ont rassemblé 500 personnes chacunes.

La première pride de l’histoire de la Réunion, à Saint-Denis, a accueilli plusieurs centaines de personnes. Les personnes LGBTI étant davantage isolées en campagne et dans les DROM-COM, elles sont mises en danger et marginalisées. La réussite de ces événements, impulsés par les contre-pouvoirs féministes et LGBTI locaux, montre qu’il est possible et important d’y développer les luttes antipatriarcales.

Avoir des prides hors des grandes villes et de la métropole, c’est construire de la solidarité directe entre personnes LGBTI partout où elles sont et montrer que là où la violence patriarcale est présente, la riposte féministe l’est aussi.

Rîm (Toulouse)

 
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