Mobilisation du 16 octobre sur la Sécurité sociale : Tirer les leçons d’un échec

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Le 16 octobre dernier, des manifestations ont été organisées par la CGT, de façon le plus souvent isolée, sur la Sécurité Sociale et contre l’austérité (pour certaines fédérations et unions régionales). Ces manifestations ont été un échec, hélas. Quelles conclusions en tirer pour remobiliser dans la rue les travailleurs, travailleuses et les chômeurs ?

À Paris, le matin du 16, le syndicat général du livre CGT (qui par ailleurs avait bloqué la sortie des quotidiens nationaux) organisait un rassemblement dynamique devant la direction de L’Équipe pour soutenir les salariés en lutte contre un changement de convention collective. 250 travailleurs pour cette profession : un succès. À la même heure la fédération CGT de la métallurgie reprenait à son compte ce qui était devenu une tradition  : un rassemblement devant le Salon de l’auto. Les années précédentes, ces rassemblements convoqués par des syndicats d’entreprises en lutte (Continental, Goodyear, PSA-Aulnay…) rassemblaient un millier de travailleurs déterminés à entrer en force dans le salon, ce qui occasionnait de violents affrontements avec la police. Ces rassemblements combatifs se tenaient sans aucune aide de la fédération. Cette année, la fédération se décide à appeler, mais trop tard… moins de 200 personnes dont beaucoup de militants politiques extérieurs à la profession. L’anecdote est porteuse de sens.

La volonté d’unir

Une mobilisation ne se décrète pas par les directions syndicales. C’est quand les travailleurs sont en lutte que les directions syndicales peuvent aider (ou pas) à développer au maximum la mobilisation. Même si la CGT fournit en général les plus gros contingents de manifestants, la volonté d’unir le plus largement est juste et nécessaire. Les maigres cortèges du 16 octobre le rappellent. De ce point de vue, il n’est pas inutile d’interpeller la CFDT. En revanche, soumettre ses choix aux décisions de la CFDT n’est pas tenable plus longtemps. La direction confédérale CGT tire un premier bilan positif des rencontres bilatérales qu’elle a voulu tenir cet automne en refusant l’idée d’une intersyndicale offerte par la FSU puis par Solidaires. La direction confédérale CGT a refusé une intersyndicale dans laquelle la CFDT ne viendrait pas ! Et elle annonce maintenant que du travail en commun avec la CFDT est possible mais que les conditions d’une intersyndicale ne sont toujours pas réunies  !

Sur le dialogue social

La CGT doit rompre avec cet attentisme et choisir de construire l’intersyndicale de lutte qui est possible  : CGT-FSU-Solidaires avec la possibilité que FO la rejoigne au moins à certaines occasions. Cette intersyndicale pourrait alors lancer un plan pour une vraie mobilisation générale, non pas une journée trimestrielle impuissante mais pourquoi pas une semaine de grèves, manifs et blocages ?

Le débat sur les fameux « seuils sociaux » cache bien pire. Le Medef entre dans une négociation «  sur le dialogue social  » avec une déclaration politique intransigeante réclamant la fin du droit social basé sur une vision «  lutte de classe  » et la fin de la hiérarchie des normes au profit de vagues loi-cadres déclinées « librement » dans les branches et les entreprises. Il réclame une fusion/destruction des instances représentatives (délégués du personnel/comité d’cntreprise (CE)/CE de groupes/CHSCT). Six séances de travail sont prévues jusqu’en décembre et le gouvernement a prévenu qu’il était prêt à légiférer en cas d’échec… Le pire est encore devant nous.

Jean-Yves (AL Seine-Saint-Denis)

 
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