Communiqué UCL

Nahel Merzouk, deux ans après : on oublie pas, on pardonne pas




Deux ans après l’assassinat de Nahel Merzouk par la police, l’UCL réaffime son soutien à toutes les victime de violences policières et du racisme d’État.

Le 27 Juin 2023, au matin, Nahel Merzouk, jeune homme de 17 ans habitant à Nanterre, a été lâchement assassiné d’un tir a bout portant par un policier lors d’un contrôle routier. Alors que Nahel était à l’arrêt, il a cherché à s’enfuir après avoir été menacé de mort par le policier qui braquait déjà son arme sur lui. Il y avait aussi 2 passagers de 14 et 17 ans dans la voiture, qui en sont sortis traumatisés mais en vie.

Comme à chaque fois dans ces meurtres, la Police et les médias ont cherché, sans fondement, à faire passer Nahel pour un délinquant multirécidiviste dangereux, avec un casier judiciaire bien rempli. Ils ont affirmé que les policiers étaient en situation de légitime défense, ce que les témoignages et les caméras ont démenti, comme dans de nombreuses autres affaires. Quand bien même Nahel aurait été le délinquant multirécidiviste qu’ils décrivaient, cela n’aurait en rien justifié ce meurtre de sang-froid.

Son décès a entraîné des révoltes dans de nombreux quartiers populaires en France, en Belgique et en Suisse, mais également plusieurs jours de manifestations et d’actions contre les violences policières et le racisme d’État.

Les chiffres des assassinats policiers

De début 2020 jusqu’au 27 juin 2023, on recensait pas moins de 21 personnes tuées par la police au motif du fameux « refus d’obtempérer » (source Politis du 5 Juillet 2023). Citons notamment Olivio, Nathalie, Souheil, Boubacar, Rayana, Omar…. Et donc Nahel Merzouk qui vient compléter cette funeste liste. On peut noter qu’entre 2002 et 2017, 17 personnes ont trouvé la mort suite à un refus d’obtempérer contre 32 entre 2017 et 2023.

Cette explosion du nombre de morts est due à la loi de février 2017 qui a modifié le cadre de la légitime défense des policiers en leur permettant de tirer sur des véhicules en mouvement, loi voulue et votée par le Parti Socialiste, qui était alors au pouvoir.

Cette loi fait partie d’un arsenal de lois racistes et discriminatoires, qui vise en premier lieu les jeunes issus de l’immigration maghrébine et africaine, et qui vivent dans les quartiers populaires. Il est donc plus qu’urgent de porter une critique radicale de la police nationale, cette institution raciste et coloniale, gangrenée par l’extrême droite, qui terrorise toute une partie de la population dans la plus grande impunité.

S’organiser contre le racisme d’État

Le racisme d’État, qui fait croire que ces meurtres serait la responsabilité individuelle de « mauvais flics » doit nous faire réagir car c’est bien l’État dans son ensemble qui organise ce racisme à grande échelle. Ce racisme permet de maintenir l’exploitation d’une partie de la population, son assignation aux activités et emplois les plus dévalorisées socialement (ménage, livraison à vélo, emplois dits « non-qualifiés », intérim) en contrats précaires, à des horaires décalés et pour des salaires de misère. L’agitation médiatique raciste permet aussi à la classe politique au pouvoir d’occulter des enjeux sociaux tels le pouvoir d’achat, la crise climatique et sociale, le colonialisme occidental, l’éducation ou le système de santé.

Dans le contexte répressif actuel, nous nous devons de ne jamais baisser les bras et de continuer à réclamer le désarmement de la police, l’abrogation des lois liberticides et meurtrières et justice et vérité pour les victimes de violences et crimes policiers avec une pensée toute particulière pour les familles qui ont vécu ces traumatismes et auprès desquelles nous resterons mobilisées.

Pour Nahel Merzouk, Malik Oussekine, Zyed Benna et Bouna Traoré, Adama Traoré, Rémi Fraisse, Cédric Chouviat, Steve Maia Caniço, Georges Floyd et tant d’autres…..

PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX

Union communiste libertaire, le 6 juillet 2025

 
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