Edito

Narcotrafic : l’État complice




Samedi 22 novembre, une marche blanche rassemblait plus de 6000 personnes à Marseille pour rendre hommage à Mehdi Kessaci, tué par balle en pleine rue huit jours plus tôt. Au travers de l’assassinat de ce jeune de 20 ans, c’est son frère, Amine, qui était visé. Militant écologiste, il est connu pour avoir pris des positions fortes contre le narcotrafic. L’objectif semble être de le faire taire et de perpétuer un climat de terreur et d’omerta.

Ce meurtre est symptomatique d’une flambée des violences liées au trafic de stupéfiants qui ont fait plus de 250 mortes ces deux dernières années : les victimes se multiplient, l’État ne fait rien. Pourtant, lors de la marche blanche, tout le panel parlementaire était présent, de LFI au RN, et de nombreuses figures nationales avaient fait le déplacement, toutes là pour les caméras.

Mais derrière les postures, l’État n’a aucun intérêt à lutter activement contre le narcotrafic. Celui-ci joue à la fois le rôle de débouché de fortune pour un prolétariat largement privé d’emploi, tout en générant une violence fournissant un carburant idéal à toutes les politiques racistes et sécuritaires.

Amine Kessaci le dit avec lucidité face à la foule d’élues : « L’État nous abandonne depuis trop longtemps. Chacun de ses reculs a favorisé l’avancée du narcotrafic. » Il ne demande pas plus de police mais une vraie « justice sociale » pour les quartiers populaires, unique réponse qui permettra de stopper les violences. Seule les luttes collectives pourront créer un rapport de force à même d’arracher cette justice.

UCL, 24 novembre 2025

 
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