Ecologie

Accident de l’usine Elkem : Nos vies valent plus que leurs profits !




Lundi 22 décembre 2025, un accident au sein de l’usine Elkem à Saint-Fons, au sud de Lyon, a fait deux morts et deux blessées graves. Un accident tragique qui n’est que le dernier d’une longue série, résultat de l’organisation capitaliste du travail, qui doit nous interroger à la fois sur la gestion de nos outils de production et sur ces outils eux-mêmes.

Le contexte de cet accident n’est pas anodin : il a eu lieu au cœur de la zone industrielle de la vallée de la chimie, qui compte de nombreuses usines classées Seveso, où il n’est que le dernier d’une longue série. Dans la même usine, un homme a été tué dans l’incendie de fûts de silicone dans un entrepôt en 2016 et en 1966 une explosion suivie d’un incendie avait fait 18 morts et détruit plus d’un millier d’habitations. De tels accidents sont inévitables dans notre société capitaliste productiviste, alors qu’en 2025, 764 personnes sont mortes d’un accident du travail en France et plus de 330 000 dans le monde. Comme le souligne la FNIC-CGT dans son communiqué, « il n’y a pas de catastrophe industrielle, mais bien des accidents industriels ayant trop souvent un lien avec les problèmes d’organisation du travail. »

Un accident inévitable

Cette organisation du travail consiste, pour tenter de maintenir les taux de profits, à réduire les coûts au maximum par la sous-traitance, l’intensification du travail et la prise en compte insuffisante de la sécurité. C’est l’appropriation des moyens de production par les travailleurs et travailleuses qui pourra mettre fin à ­cette exploitation et à ces morts et mortes. En attendant, c’est la lutte syndicale qui permettra aux ouvriers et ouvrières de conquérir les moyens de travailler sans mettre leur vie en danger, pour une rémunération juste et dans des conditions dignes. Cependant, cette seule appropriation ne suffit pas : il nous faut réfléchir radicalement à notre production.

Le productivisme en question

L’usine Elkem et celles de la vallée de la chimie produisent des biens à base de produits chimiques et de pétrole, ce qui implique l’extraction de ressources – souvent dans des pays du Sud – au prix d’un empoisonnement de l’air, de l’eau et des sols et de nombreuses personnes déplacées. En France, ces usines rejettent des quantités significatives de PFAS, polluants éternels dont elles connaissent très bien les effets délétères sur la santé et se battent contre les mouvements écologistes et les syndicats pour continuer de le faire, toujours au nom de leurs profits. Mais face à l’étendue de ces pollutions, des mesures réformistes seront-elles suffisantes ? Face au dérèglement climatique et à l’empoisonnement de notre environnement, ce sont trois révolutions qui sont nécessaires : celle de la production, celle des modes de vie et celle des échanges. Face à la catastrophe, il nous est nécessaire de penser un monde débarrassé du capitalisme, mais aussi du productivisme et du consumérisme.

Delagnelle (UCL Lyon)

 
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