Offensive sociale : Marseille met le feu

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STM, RTM, SNCM... dans les Bouches-du-Rhône, le climat social est orageux.

Hasard ou offensive concertée, les services publics des transports sont touchés de plein fouet par une vague de privatisations. La filière maritime est le plus durement touchée à travers la SNCM bradée aux amis du gouvernement mais aussi le Port autonome de Marseille vendu par petits bouts au privé. À la RTM (transports publics), la décision d’attribuer le futur tramway à la Connex marque le début de l’offensive contre le service public des transports en commun de l’agglomération marseillaise. Pour liquider la SNCM, l’Europe et l’État français lui ont imposé la concurrence de Corsica Ferries. C’est la même stratégie qui est mise en œuvre par la droite locale : la concurrence entre le tramway et le métro se traduira par des pertes pour la régie publique qui serviront ensuite de prétexte à sa privatisation totale. À cela s’ajoutent les licenciements de plus de 600 salarié(e)s chez STMicroelectronics à Rousset à côté d’Aix ou la volonté de Nestlé de liquider son usine de Saint-Menet à Marseille.

Si la détermination des salarié(e)s concerné(e)s est importante, elle risque de ne pas suffire comme l’a montré la défaite des marins de la SNCM. En limitant la lutte aux frontières de leur entreprise et de leur secteur, ils n’ont pas été en mesure de faire plier le gouvernement, déterminé à passer en force, quitte à détruire l’entreprise. Pourtant le 4 octobre, 100 000 personnes ont défilé à Marseille pour dire non à la casse sociale. Ce succès n’a pas été exploité pour lancer rapidement dans le département une forte mobilisation interprofessionnelle qui aurait pu changer le rapport de force. De même, la proposition de SUD Rail PACA de soutenir les grévistes de la SNCM, y compris par la grève, n’a pas reçu de réponse des autres fédérations cheminotes. Les UD (Unions départementales syndicales) ont finalement convoqué une manif unitaire le 15 octobre, trop tard pour les grévistes de la SNCM, qui avaient voté la reprise du travail le 14… Dans ce contexte, beaucoup de personnes ont sans doute trouvé que la manif avait perdu de son intérêt, et elle n’a rassemblé que quelques milliers de personnes. Malgré tout, la lutte continue. À la RTM, la grève largement majoritaire chez les personnels commence à causer de sérieux dégâts à l’économie locale.

Pour Gaudin, maire de Marseille et président de la communauté urbaine, il est de plus en plus difficile de jouer le pourrissement puisque la grève frappe durement sa clientèle électorale. La grève sur le port est seulement suspendue pendant les négociations et pourrait reprendre si le patronat ne fait pas les concessions nécessaires. La privatisation partielle de la SNCM n’a donc pas entamé la combativité des secteurs en lutte. Il n’en reste pas moins que les évènements de ces dernières semaines montrent une fois de plus les limites des résistances sectorielles et l’urgence de s’atteler sérieusement à la construction d’une grève générale offensive.

Hervé (AL Marseille)

 
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