Portugal : « Sim » à l’avortement !

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Au référendum du 11 février, le “ oui ” à la légalisation de l’avortement a remporté presque 60 % des suffrages. Mais, le quorum de participation n’ayant pas été atteint, la décision finale appartient au Parlement.

Le Portugal est l’un des six derniers pays européens, avec l’Irlande, Malte, Chypre, Andorre et la Pologne, à avoir une législation aussi restrictive. Seuls des avortements thérapeutiques peuvent être pratiqués. En dehors de cela, la peine encourue peut atteindre trois ans de prison. L’interdiction n’empêche évidemment pas les 23 000 avortements clandestins par an, mais criminalise les femmes, en particulier les plus pauvres qui n’ont pas les moyens d’aller se faire avorter légalement en Espagne. Ces dernières années, des jugements retentissants – à Maia, Aveiro, Setúbal ou Lisbonne – ont défrayé la chronique.

En 1998 un premier référendum sur l’avortement n’avait pas abouti, du fait d’une abstention massive (68 %), alors que le quorum est fixé à 50 % de participation.

Cette fois encore, le quorum n’a pas été atteint : 56 % d’abstention. Les participantes et les participants ont dit sim à 59,3 % et 40,7 % ont voté não.

Le Premier ministre socialiste, José Socrates, considérant que le “ oui ” l’avait emporté, va demander au Parlement de voter une loi autorisant l’IVG durant les dix premières semaines de grossesse, ce qui maintiendra la législation portugaise parmi les plus restrictives d’Europe.

Le mouvement libertaire, très faible au Portugal, ne semble pas avoir eu d’expression collective sur la question. Trois jours avant le scrutin, le blog du petit groupe anarcho-syndicaliste AC Interpro n’a publié qu’une “opinion personnelle” s’en prenant à celles et ceux qui, se drapant dans leurs “principes”, s’apprêtaient à s’abstenir.

La commission antipatriarcat

 
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