Communiqué UCL

Pour les papiers et pour la dignité, les luttes des sans-papiers

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Depuis 10 jours, des centaines de travailleurs sans-papiers d’Ile-de-France ont entamé une grève pour leur régularisation. Réalisant les boulots les plus ingrats, mais aussi ceux qui font tourner notre vie quotidienne, ils sont sur-exploités par les patrons qui profitent de la situation. Dans le bâtiment, dans la restauration, dans la livraison, dans la récolte des ordures : c’est simple, notre société ne tournerait pas sans eux.

Nombre d’entre eux font des heures supplémentaires non payées ou doivent accepter des payes en-dessous du SMIC. Certains sont auto-entrepreneurs-contraints, ce qui signifie qu’ils ne côtisent pas pour le chômage, sont privés de la protection du Code du travail et des conventions collectives [1]. Dans tous les cas, leurs conditions de travail sont terribles mais ils ne peuvent les dénoncer, de peur de se faire virer.

Ils doivent aussi vivre le racisme au quotidien, le harcèlement de la police, la vie dans un logement souvent peu adapté.

Depuis le 22 octobre, ils sont en grève. Soutenus par la CGT sur 11 piquets dans le 91, le 93, le 94 et à Paris, et soutenus par le Collectif des Travailleurs sans-papiers de Vitry sur un piquet de Gennevilliers (92). La grève, c’est la manière la plus efficace de montrer l’importance de leur travail. Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici !

C’est une grève qui a une importance particulière dans la période de montée de l’extrême-droite que nous vivons, mais aussi de racisme de plus en plus décomplexé. Les travailleurs sans-papiers grévistes deviennent visibles pour ceux qui ne voulaient pas les voir, qui faisaient semblant de ne pas savoir que notre société repose sur les travailleurs et les travailleuses, qu’ils et elles aient ou non des papiers.

Plusieurs piquets sont d’ores et déjà victorieux. Tous gagneront, car les patrons devront bien s’incliner face à des travailleurs organisés !

Union communiste libertaire, le 5 novembre 2021.

 
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