« Clash », mars 2022

Pourquoi les étudiant·es et lycéen·nes doivent rejoindre les grèves des travailleurs et travailleuses ?




Les crises sociales, économiques et sanitaires mènent à une augmentation du prix de la vie, et parce que le patronat souhaite toujours faire du profit sur le dos de celles et ceux qui font tourner la société : les salaires stagnent. Face à cette situation qui touche l’ensemble des travailleurs et travailleuses des journées de grève interprofessionnelles sont organisées, elles permettent de créer solidarité et unité parmi les travailleurs et travailleuses tout en bloquant le pays avec une plus grande ampleur. En tant qu’étudiant·es ou lycéen·nes nous pouvons nous poser la question de la pertinence de notre participation à ces grèves, pourtant notre place dans les luttes larges interprofessionnelles aux côtés des travailleurs et travailleuses et tout ce qu’il y a de plus légitime.

Le mythe de l’université et de la scolarité émancipatrice ne berne plus personne, nos formations au lycée puis en études supérieures ont pour but de nous conditionner au marché du travail où nous serons traité-es comme des marchandises. Et c’est dans ce monde du travail que les grèves interprofessionnelles ont lieu, les réformes qui s’abattent sur les salarié-es d’aujourd’hui nous toucherons demain une fois en emploi. Ces grèves concernent aussi des thèmes comme l’inflation (augmentation des prix, gaz, carburant, produits de première nécessité…) qui nous affectent aussi immédiatement que l’on habite chez sa famille ou dans son propre appartement, les étudiant-es dans ce cas sont d’autant plus affecté-es de par la précarité qui les frappe. Une augmentation des salaires bruts, telle que revendiquée par les syndicats de luttes, permettrait aussi d’imposer l’augmentation des cotisations patronales en faveur de notre sécurité sociale, celle dont nous avons toutes et tous bénéficié notamment lors de la pandémie, mais qui est mise à mal par un système capitaliste mortifère. Notons également que tout-es les étudiant-es salarié-es en parallèle de leurs études, ou inscrit-es en formation d’alternance sont immédiatement touchées par les attaques visant le monde du travail, ayant déjà un pied dedans.

Mais tous les domaines de formations sont concernés, le monde du travail et celui des études ne sont pas séparés, le dernier s’adaptant à l’autre. En effet l’enseignement, les méthodes pédagogiques et les investissements dans certaines filières plutôt que d’autres sont déterminés en fonction du marché de l’emploi, le but de nos formations est la rentabilité ce qui mène à des coupes de budgets, une absence d’investissement massif du public laissant place à un secteur privé qui fait sa loi, une hausse des frais d’inscription et une augmentation de la sélection. L’objectif étant de se diriger vers une université d’élite et payante, par conséquent ouverte aux enfants issus des couches les plus aisées de la population, schéma qui accompagne celui de la gestion des services publics comme une entreprise.

Pour défendre des services publics, la sécurité sociale, nos salaires, une université gratuite et émancipatrice et simplement pour exiger un droit à la dignité, se nourrir, se loger et se vêtir correctement et donc sortir de la précarité : il est vital pour nous étudiant-es et lycéen·nes de rejoindre les grèves interprofessionnelles, d’y prendre une place qui est la notre et d’y faire entendre nos revendications !

Plus défendre nos droits spécifiques sur nos lieux d‘études tout en créant de la solidarité interprofessionnelle, l’investissement dans des syndicats étudiants faisant partie d’unions syndicales du monde du travail est également vital, c’est toutes et tous ensembles qu’il faut lutter !

Commission Jeunesse, le 28 mars 2022.

Le tract en PDF
 
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