Pride du Puy-en-Velay : Défilé arc-en-ciel en zone rurale

Une camarade nous fait un retour sur la première édition de la Pride du Puy-en-Velay, qui s’est déroulée cet été. Une expérience inédite dans ce territoire rural peu habitué aux manifestations LGBTI.
On en rêvait, iels l’ont fait ! Dans les grandes villes, les Marches des Fiertés ont lieu chaque année. Mais au Puy-en-Velay (20 000 âmes), c’était du jamais vu ! Le 28 juin 2025, la toute première Pride de Haute-Loire a rassemblé près de 800 personnes pour un défilé intergénérationnel coloré sur les rythmes endiablés d’une Batucada locale. Pari audacieux ici, en milieu rural, dans une Auvergne conservatrice où l’on flirte avec l’extrême droite, et au cœur d’une ville mariale, étape prisée de pèlerinage. D’où l’importance d’une telle manifestation pour la visibilité des personnes LGBTI et, plus globalement, pour la lutte contre l’implantation de l’extrême droite.
Cet objectif était présent dès le début, avec la création de l’Arcan (arc-en-ciel en patois), jeune association locale montée pour l’événement. Maxim, membre du groupe des organisateurs et organisatrices, évoque les mois de réunions, en plénière, en commissions, avec des dizaines de bénévoles organisées en équipes (trésorerie, coordination, médics, communication…).
Tout avait été pensé, y compris en termes d’inclusion : un vélo-fauteuil roulant proposé aux personnes à mobilité réduite, des voitures-brouettes pour transporter les jeunes enfants ; la traduction de toutes les prises de parole en langue des signes... Sous un soleil de plomb, des bénévoles sillonnaient le cortège pour asperger les participants et participantes avec des brumisateurs – succès garanti ! Dans les rues étroites de la vieille ville, c’est un cortège tonitruant qui a marché, dansé en scandant notamment des slogans antifas. Des membres d’organisations LGBTI (SOS homophobie, Contact 42-43, Trans-Aides) étaient venues du département voisin. Et pour finir, un goûter au jardin public dans une atmosphère festive.
« On craignait la réaction des passants, ou des incidents avec les fachos » se souvient Maxim. Mais tout s’est bien passé. Le cortège était encadré par un service d’ordre organisé par le Rafahl (Réseau antifasciste de Haute-Loire qui comprend plusieurs membres du groupe UCL du Puy). Le Béluga, lieu local autogéré, avait prêté ses locaux pour les réunions, l’atelier de confection et le stockage des banderoles et pancartes.
L’Arcan avait aussi reçu l’appui d’une intersyndicale CGT-FSU-Solidaires-UNSA qui s’était fendue d’un communiqué aux termes bien sentis : « Nous soutenons cette initiative et partageons les valeurs portées par ce collectif : droits des personnes LGBTQIA+, féminisme, solidarité entre toutes et tous les opprimés, antiracisme, lutte contre l’extrême droite. […] Cette mobilisation est une étape importante pour rappeler que l’égalité, quels que soient les genres et les sexualités, est un droit fondamental. »
Une vraie réussite, donc, qui en appelle d’autres, aux couleurs arc-en-ciel. Un moment fort, avec un message qui porte. « Jamais on ne m’avait dit autant de fois merci » confie Maxim. C’était comme un coming out géant, joyeux, comme une fenêtre enfin ouverte...
Véronique (UCL Le Puy-en-Velay)





