Communiqué UCL

Prime de 100€ : on veut la dignité, pas la charité

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Le jeudi 21 octobre, le ministre a annoncé une prime de 100€ pour 38 millions de personnes. 38 millions, c’est le nombre de personnes en France qui touchent moins de 2000€, une énorme proportion de la population travailleuse et retraitée. L’État annonce cette somme pour faire face à l’inflation. Mais 100€ contre l’inflation qui s’annonce, c’est plus qu’insuffisant.

C’est insuffisant car ce n’est pas 100 € une fois qui nous permettront de payer les pleins, les courses, l’électricité ou le chauffage. Le but de cette mesure ce n’est pas de soutenir le prolétariat mais d’acheter la paix sociale et quelques voix. 100 € versés par l’État et payés par l’augmentation des recettes de TVA, donc par les classes populaires, c’est une manière d’exonérer le patronat de ses responsabilités, de tuer dans l’œuf toute revendication salariale. Mais c’est aussi une preuve de faiblesse de ce gouvernement qui n’a lâché que minimalement face aux gilets jaunes et à la lutte contre la réforme des retraites : cette fois-ci, celui-ci signe un chèque important avant même le début d’un mouvement.

Nous ne voulons pas d’une aumône accordée par le gouvernement, nous voulons faire payer le Capital. Pendant la crise du Covid, c’est nous qui travaillions sans protection, c’est dans nos quartiers que l’on avait faim. Pendant ce temps le patronat engrangeait et continue d’engranger les bénéfices. « Le monde d’après » est finalement un retour à la normale et les chiffres d’affaires augmentent Pourtant les salaires, directs et différés, ne bougent pas. Pire, la classe dirigeante veut s’attaquer au chômage. Aucune annonce non plus pour la jeunesse, durement touchée par la crise. Sans augmentation des bourses, on laisse les étudiant•es précaires travailler en plus de leurs études pour des salaires de misère. Pour celles et ceux de moins de 25 ans sans boulot, même l’aide minime qu’est le RSA reste inaccessible.

Face à un gouvernement aux abois nous devons imposer nos revendications. S’il cède un peu, c’est que nous pouvons le faire capituler. En nous engageant dans les syndicats et dans les contre pouvoirs, nous pouvons obtenir des vraies mesures de lutte contre la pauvreté. Nous pouvons faire augmenter les salaires, notamment le SMIC. Ce dernier doit être augmenté et aligné sur l’inflation. Les salaires différés doivent être mis au niveau du SMIC. La réforme de l’assurance-chômage doit être abandonnée. Les minimas sociaux doivent être augmentés à un niveau permettant une vie décente et alignés sur l’inflation. Leur déconjugalisation est nécessaire. Les bourses étudiantes doivent aussi être augmentées et il faut généraliser la gratuité des repas CROUS. Toute ces mesures peuvent être mises en place immédiatement.

Le gouvernement prouve sa faiblesse à quelques mois des élections. Nous pouvons, nous devons instaurer un rapport de force favorable à notre camp. L’argent, on le sait, se trouve dans les poches du patronat et c’est la qu’on va aller le chercher ! Tout est à nous !

Union communiste libertaire, le 29 octobre 2021.

 
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