Représentant-e-s du personnel : malaise dans la délégation

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La DARES [1] souligne dans un récent rapport que malgré une intensification ces dernières années de l’activité de négociation sociale dans les entreprises entre les représentant-e-s du personnel et les directions, les salarié-e-s restent majoritairement en retrait du dialogue social.

Parallèlement à une institutionnalisation des rapports entre directions et représentant-e-s du personnel, le rapport montre que les salarié-e-s ont une perception différente de la situation sociale de leur entreprise. Ainsi, derrière les discours lénifiants sur le “ dialogue social ”, l’enquête montre que la moitié des salarié-e-s a une vision tendue des rapports de travail dans l’entreprise, à l’opposé de ce qu’affirment la majorité des directions et représentant-e-s du personnel (délégués du personnel et délégués syndicaux réunis). Ce paradoxe confirme la crise de légitimité des différentes formes de représentation dans notre pays, traduisant un accroissement du fossé entre ce que vivent les salarié-e-s et ce que portent leurs représentant-e-s. Caractéristique de ce fossé est la hausse des recours aux conseils de prud’hommes, l’absentéisme au travail, les pétitions collectives, les débrayages de moins de 24 h tandis que la pression patronale augmente par la systématisation d’entretiens individuels, l’augmentation des licenciements pour faute professionnelle ainsi qu’un développement important des moyens de communication directe des directions d’entreprise.

Cette enquête devrait confirmer que la construction d’un syndicalisme fondée sur le développement des luttes et leur autogestion dans toutes leurs étapes demeure une priorité, pour passer des résistances individuelles à la résistance collective, pour reprendre collectivement l’initiative et redresser la tête.

L’action directe des salarié-e-s est le meilleur antidote pour conquérir une véritable démocratie dans l’entreprise, une démocratie qui devrait être fondée sur la légitimité des travailleur-se-s à décider de tout ce qui les touchent sans jamais perdre de vue que c’est le niveau du rapport de force qui détermine in fine les conditions de travail et de vie des travailleur-se-s.

Ermon (CAL Rennes)

[1Direction de l’animation et de la recherche des études et des statistiques. Rapport septembre 2006. Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement.

 
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