Répression du mouvement Free party : Rien n’arrêtera un peuple qui danse

Depuis plusieurs années, le mouvement Free party subit de nombreuses répression policières. Une escalade dont la dernière étape est une proposition de loi visant à criminaliser ces fêtes libres.
Déposée le 18 mars à l’Assemblée nationale, une nouvelle proposition de loi profondément liberticide s’attaque à la fête libre, la proposition de loi no 1133 portée par les députés Renaissance, Horizon et Les Républicains. Elle vise à criminaliser toute rave party sous couvert d’arguments fallacieux ne s’appuyant sur aucune étude ou enquête. On y invoque le blanchiment d’argent , la consommation de drogues, les violences sexistes et sexuelles et la soumission chimique.
Alors que depuis des décennies les ravers s’auto-organisent pour apporter dans les fêtes des stands de prévention des risques, de la santé communautaire et de la prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) en milieu festif, cette proposition de loi cherche entre autre à criminaliser ces démarches de réduction des risques, à l’opposé de ce que devrait être une politique conséquente de santé publique et de lutte contre les VSS.
Pour la première fois, un projet de loi propose des sanctions encore plus lourdes pour les organisateurs et organisatrices de fête : des peines de prison et jusqu’à 5 000 euros d’amende ainsi que la confiscation systématique du matériel, mais aussi la pénalisation du transport de matériel de sonorisation. La simple participation à ces fêtes serait punie d’une amende de 1 500 euros.
La proposition de loi accuse les free parties d’être à l’origine « d’innombrables viols, blessés et morts ». Elle oublie qu’en vérité, c’est la répression qui tue et qui mutile. On se rappelle de la mort de Steve Maia Caniço à Nantes en 2019, noyé dans la Loire à la suite de la répression d’une rave le soir de la fête de la musique. En juin 2021, la répression militarisé d’une free party s’était soldé par plusieurs bléssées graves, dont un jeune amputé d’une main après un jet de grenade.
La musique techno est pourtant une musique qui, par sa liberté et ses origines queers et afro-américaines, invite à la cohésion et aux rassemblements entre les communautés. L’engagement des artistes n’a jamais cessé, y compris dans les années 1980 quand de nombreux dj sont décédés du VIH. Le mouvement des Free party a eu dès ses débuts une composante anarchiste dans l’application des zones d’autonomie temporaires chère à Hakim Bey. Et c’est cela qui dérange le pouvoir aujourd’hui : des personnes qui se réunissent pour partager une fête en dehors des circuits marchands, des clubs privés pour qui la musique techno n’est qu’un argument marketing.
Pour contre attaquer face à la répression, des manifestives ont été organisées dans toute la France le 12 avril. Elles ont permis le montage d’une coordination anti-répression qui a rassemblé au niveau national de nombreux collectifs et sound systems. Sauf dans une ville, Strasbourg, où la préfecture, n’osant pas interdire la manifestation, a juste interdit par arrêté les « appareils diffusant de la musique » et leur déplacement le jour de la manifestation. Un mesure qui n’a pas empêché le rassemblement de se tenir, mais sans sound systems, afin de préserver l’ensemble du cortège de la répression.
Dj Puppy Meinhof (UCL Alsace)





