Plein feux

Répression judiciaire : Soutien aux camarades interpellées pour avoir défendu l’IVG




Alors que des catholiques intégristes organisaient un rassemblement à Metz contre la constitutionnalisation de l’IVG, des militantes et militants ont défendu le droit à disposer de son corps. Résultat : plusieurs interpellations, dont un militant de l’UCL. La police et la justice ont choisi leur camp, et ce n’est pas celui de l’émancipation.

Le 9 mars 2024, au lendemain du vote de la constitutionnalisation de l’IVG par l’Assemblée Nationale, l’extrême droite messine a organisé dans la cathédrale de la ville une messe de « protestation » contre cette mesure symbolique de protection du droit à disposer de son corps. Elle fut suivie d’un rassemblement sur le parvis de la cathédrale pour y réaliser des prières publiques.

Des organisations de gauche et de défense des droits humains [1] ont appelé à un contre-rassemblement afin de ne pas laisser cette démonstration publique d’idées réactionnaires sans réponse. C’est dans ce contexte qu’un groupe de militantes et de militants du groupe local de l’UCL Nancy s’est rendu à Metz pour soutenir cette action antipatriarcale. Ce contre-rassemblement, au matin du 9 mars devant la cathédrale, s’est déroulé sans encombre jusqu’à la fin de la messe et la sortie des militants et militantes catholiques intégristes.

Une quinzaine d’intégristes se sont alors retrouvées face à la contre-manifestation sur le parvis de la cathédrale. Après quelques minutes de confrontation, les réactionnaires ont commencé à s’agiter, à filmer, puis à sortir des drapeaux royalistes en signe de provocation. Cette escalade sera suivie d’insinuations et de propos antisémites lancés par les intégristes, bien habituées à pouvoir étaler leur racisme en public sans conséquences. Parmi ces réactionnaires, on trouvait notamment Cassandre Fristot, antisémite notoire, et d’autres personnalités issues des milieux complotistes et intégristes locaux.

Au milieu de ces altercations, plusieurs personnes ont tenté de s’interposer et se défendre, dont un camarade de l’UCL Nancy, mais se sont rapidement retrouvées submergées par les intégristes. C’est à ce moment-là que la police, présente (mais en retrait) sur le lieu depuis le début, a décidé d’intervenir en agressant à coup de matraques les membres du contre-rassemblement. Trois personnes, dont notre camarade, ont été frappées, immobilisées, puis interpellées. Évidemment, aucune interpellation dans le camp d’en face, leur sentiment d’impunité se matérialisant par de nouvelles provocations : des drapeaux intégristes et royalistes ont été brandis au-dessus des militantes immobilisées au sol par la police. Une quatrième personne, jeune militante féministe, a également été attrapée par la police. Mais une réaction rapide du contre-rassemblement lui a permis d’être relâchée sans interpellation.

Les trois personnes interpellées ont été emmenées au commissariat de Metz et y ont été retenues jusqu’en fin de journée. L’une des trois, victime de transphobie de la part de la police, sortira très affectée par cet événement. Victimes de répression judiciaire pour avoir défendu le droit à disposer de son corps, les trois camarades passerons en procès le 19 mai pour violences en réunion. Si vous souhaitez soutenir cette lutte contre la répression judiciaire d’un militant de l’UCL, une cagnotte est ouverte afin de pouvoir financer ses frais de justice [2].

Mattéo et Mathilde (UCL Nancy)

[1Dont des membre de Révolution permanente, de la Fédération anarchiste, de collectifs féministes et LGBTI, et bien-sûr de l’UCL.

 
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