Plein feux

Répression lycéenne : La police gaze à Strasbourg




À Strasbourg, la mobilisation pour la cause palestinienne ne faiblit pas. On peut malheureusement en dire autant de la répression policière qui a, cette fois, frappé avec violence… des lycéennes et des lycéens.

Jeudi 15 mai, la journée commence de la meilleure des façons à Strasbourg : un grand soleil félicite une action lycéenne d’ampleur. Trois lycées du centre-ville – Fustel, Marie Curie et Pontonniers, pour ne pas les citer – sont bloqués dès huit heures du matin. Les élèves portent haut les couleurs de la Palestine en cette semaine de commémoration des soixante-dix-sept ans de la Nakba (littéralement la « catastrophe », désignant l’exode massif des Palestiniennes et des Palestiniens en 1948).

Une centaine d’entre elles et eux sont rassemblées devant le lycée des Pontonniers, leur lycée, demandant la fin du génocide à Gaza et un cessez-le-feu. Des épreuves du baccalauréat sont organisées ce jour-là, elles et ils s’assurent donc qu’une porte sur le côté reste accessible pour celles et ceux qui ont une réelle nécessité de rentrer. Pourtant, quinze minutes à peine après le début de l’action, la proviseure monte au créneau et exige que le blocage cesse incessamment. Face au refus des dangereux fedayin [1] et à l’inefficacité de l’agent d’entretien qu’elle envoie en première ligne, elle appelle aussitôt la police.

À 8h30, trois camions de CRS débarquent. Ils sont équipés et, boucliers à la main, se mettent aussitôt à l’œuvre. Ils forment un cordon devant le lycée, commencent à bousculer et à charger les lycéennes et les lycéens. Les élèves débrayées des trois lycées commencent alors à converger et entament un rassemblement, décidées à continuer le blocage. Le face-à-face durera toute la matinée. À 13h, les tensions commencent à monter alors que les lycéennes et les lycéens constituent une chaîne humaine pour empêcher l’accès à l’établissement. Les CRS se lancent alors dans une deuxième charge : ils n’hésitent plus à plaquer au sol, à sortir les gazeuses, et tout ça pour des gamines et des gamins, de 15 à 18 ans. Le personnel de direction de l’établissement observe, les bras croisés. La proviseure continue à faire la leçon aux lycéennes et aux lycéens, même après que celles-ci et ceux-ci se soient fait gazer.

Bilan : un des bloqueurs finira aux urgences. Un autre – de 15 ans – subira une arrestation à son domicile et une garde à vue de 14h pour s’être débattu une fois plaqué au sol et avoir crié « ACAB ». Toutes et tous garderont en mémoire un déchaînement inutile et vain de violence policière.

Cet événement est à l’image de la répression que le mouvement pro-Palestine subit ces derniers mois. À Strasbourg, nous pensons aux charges des mêmes CRS que l’université a fait donner contre le campement en faveur de la Palestine ; mais aussi à l’interdiction répétée de la tenue d’une conférence de Rima Hassan. Au national, songeons simplement à la dissolution d’Urgence Palestine.

UCL Alsace

[1Combattantes et combattants palestiniens engagés dans des opérations de guérilla.

 
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