Réquisition de logement à Saint-Denis : la Poste en difficulté !

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Une fois l’arrêté de réquisition obtenu, les familles de Saint-Denis occupant un immeuble vide et leurs soutiens font face à un propriétaire qui se débat sur le terrain juridique. Une action qui pourrait faire des petits dans le département.

Comme vous avez pu le lire dans AL de mars, huit familles soutenues par un collectif large se sont installées début février dans un immeuble appartenant à une filiale de la Poste. Il s’agit d’un ancien foyer destiné à loger les salariés de la Poste, encore en bon état mais laissé vide depuis de nombreuses années sans raison. Ces familles en galère de Seine-Saint-Denis sont en attente d’un logement décent et sont connues de la préfecture depuis de nombreuses années.

Après une semaine d’occupation publique et sous la pression, le maire PCF de Saint-Denis a pris un arrêté réquisitionnant l’immeuble au profit de ses habitants.

Dès lors la Poste, jusque là invisible, a placé les débats sur le terrain judiciaire pour obtenir l’expulsion des occupants en invoquant des problèmes de maintien du service public postal. Elle demande au tribunal administratif (TA) d’annuler l’arrêté en sortant de son chapeau un prétendu projet immobilier social de plus de 300 studios que l’occupation rendrait impossible ! Elle est appuyée par le préfet qui s’était fendu d’un communiqué demandant au maire de retirer son arrêté.

Le TA s’est montré, lors de son audience du 17 mars, peu convaincu par les arguments du propriétaire, trouvant le projet farfelu : «  cent chambres par étages, cela fait beaucoup ! »

Les avocats de la ville de Saint-Denis ont de leur côté fait valoir un rapport d’huissier attestant que le service public fonctionne normalement. Une attestation d’un membre du CHSCT de l’établissement indique même que le Directeur du site a confirmé que la présence des familles ne gêne en rien le fonctionnement du service public, et enfin que s’il a des problèmes de sécurité, les agents de la Poste logés dans cet immeuble auparavant auraient déjà eu ces problèmes. Le 24 mars, le TA a débouté la Poste et l’a condamnée à 1 000 euros de dommages et intérêts au bénéfice de la mairie de Saint-Denis.

En attendant, la lutte continue et le collectif soutenu par des centaines de dionysiennes et de dionysiens signataires d’une pétition, demande :
- que le Préfet confirme l’arrêté pris par le maire de Saint-Denis ;
- qu’il fasse faire l’inventaire des logements vides des bailleurs privés ou institutionnels sur le département afin qu’ils soient réquisitionnés ;
- le relogement en HLM des familles engagées dans la lutte ;
- l’arrêt des expulsions ;
- un plan de construction massif de logements avec application de la loi SRU qui impose à toutes les communes 20% de logements sociaux. Alors que les expulsions locatives viennent de reprendre et que des nombreuses familles vont se retrouver à la rue, et alors que la ministre Boutin veut exonérer un plus grand nombre de communes de leurs obligations de construction de logements sociaux, il est grand temps de réquisitionner partout !

Max Hoelz (AL Saint-Denis)

 
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